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6 novembre 2023Un logiciel TMS, ou Transport Management System, est un logiciel de gestion des transports. Il permet aux entreprises, qu’elles soient chargeurs ou transporteurs, de gérer l’ensemble du cycle de leurs opérations de transport : de la planification à l’exécution.
Les premiers ont été développés dans les années 1970 pour Black & Decker, IBM et General Electric. Black & Decker a été la première entreprise à utiliser un logiciel TMS, dès 1972. Le logiciel, développé par IBM, a permis à Black & Decker de rationaliser ses opérations de transport et de réduire ses coûts de 10 %. Puis, en 1975, IBM a lancé le logiciel « Transportation Management System », qui a été utilisé par de nombreuses grandes entreprises de transport qui a sans doute donné son nom à l’acronyme utilisé aujourd’hui.
Depuis ces pionniers du TMS, l’enjeu principal d’optimiser ses opérations de transport n’a pas changé et il est courant d’obtenir des gains largement supérieurs à 5% lors d’implantation de ce type de logiciel. Ce qui rend le ROI sur les TMS plutôt court et donc de nature à favoriser l’engagement dans ces types de projet.
Cependant, au fil des années, les logiciels TMS sont devenus plus abordables et plus faciles à utiliser, cette « démocratisation des plateformes » a permis aux entreprises de taille plus modeste de les adopter dans leur cycle de décisions en particulier pour améliorer l’efficacité de leurs opérations de transport et réduire leurs coûts.
L’enrichissement des fonctionnalités est en constante évolution pour apporter l’ajustement et le pilotage dont les entreprises ont besoin.
Ce qui propulse notamment le TMS en 1ère ligne pour la maitrise de son empreinte carbone avec le suivi des émissions de CO2 par exemple ou encore une maintenance ajustée et donc plus durable.

Par où commencer
Le mot TMS recouvre deux métiers qui n’achètent pas le même logiciel. Un industriel qui expédie cherche à savoir chez qui envoyer et à contrôler ce qu’on lui facture. Un transporteur cherche à remplir ses camions et à facturer ce qu’il a réellement fait. Les éditeurs ne sont pas les mêmes, les modules qui coûtent cher ne sont pas les mêmes, et la plupart des consultations qui s’enlisent ont mis les deux familles en concurrence sans s’en apercevoir.
Les cinq pages ci-dessous suivent l’ordre dans lequel la question se pose réellement à un dirigeant. Elles se lisent dans l’ordre, ou séparément si vous savez déjà où vous en êtes.
1. Comprendre ce qu’est un TMS : ce que le logiciel pilote, et ce qui sépare un TMS chargeur d’un TMS transporteur.
2. Situer le TMS parmi vos outils : TMS, DMS, WMS, ERP : qui fait quoi et où passent les frontières.
3. Mesurer ce que vous pouvez gagner : tournées, kilomètres à vide et remplissage : les leviers avant l’outil.
4. Choisir votre logiciel : familles de solutions, référentiel tarifaire et questions à poser en démonstration.
5. Cadrer les échanges de données : l’EDI et les interfaces, le poste que les devis sous-estiment le plus.
Les fonctions d’un TMS chargeur
Il existe deux principaux types de TMS : le TMS chargeur et le TMS transporteur.
Le TMS chargeur est utilisé par les entreprises qui expédient des marchandises. Il offre un ensemble de fonctionnalités qui permettent d’optimiser les coûts, de réduire les délais et d’améliorer la traçabilité des marchandises.
Parmi les principales fonctionnalités d’un TMS chargeur nous retrouvons régulièrement :
Calcul du plan de transport : le TMS permet de calculer le plan de transport optimal en fonction des différents critères, tels que le coût, la rapidité, la qualité du service et l’empreinte environnementale du transport. Ce calcul de plan de transport propose de plus en plus une priorisation multi-critères paramétrable selon la stratégie retenue par l’entreprise et/ou les attentes des clients.
Interfaces avec les transporteurs : le TMS permet d’échanger des informations avec les transporteurs, tels que les commandes de transport, les étiquettes et les factures. De fait, utiliser un TMS requiert la nécessité de se connecter avec d’autres logiciels tiers comme les ERP, un WMS ou d’autres TMS par exemple. La récupération d’informations de progression d’une expédition est à ce prix.
Gestion de la traçabilité : le TMS permet aux chargeurs de saisir les commandes de leurs clients, de les assigner à des transporteurs, et de suivre leur statut. Il est ainsi possible de suivre l’évolution du trajet des marchandises au fur et à mesure du processus. Notamment grâce à l’édition d’étiquettes.
Impression des étiquettes : le TMS permet d’imprimer les étiquettes de transport pour les colis ou les palettes. Bout de papier, certes, mais éléments déterminant de la traçabilité des expéditions tout au long de leur transport. Ces étiquettes ouvrent la porte d’un suivi de l’acheminement en temps réel selon les différentes étapes du trajet. Le numéro de l’étiquette permettant une identification unique.
Aide au choix du transporteur : le TMS permet de comparer les offres tarifaires des différents transporteurs en fonction des critères définis par l’entreprise. Cette aide au choix s’apparente au plan de transport et évolue de plus en plus vers une attribution multicritères vs une attribution uniquement tarifaire. Par ailleurs, le TMS tend à évoluer vers une aide au choix « hybride », c’est à dire la possibilité de faire un choix de transport aussi bien parmi une activité d’affrètement qu’une activité de flotte en propre ou dédiée. C’est ce que permet des TMS comme celui d’ACTEOS ou de SOLARIS LOGISTIQUE (TMS Apollo).
Préfacturation : le TMS permet de préfacturer les transports avant réception des factures des transporteurs. Très utile pour comparer les factures et engager l’automatisation du contrôle facture.
Suivi des anomalies et des réserves : le TMS permet de suivre les anomalies et les réserves liées aux transports. Le logiciel contribue ainsi à centraliser tous les évènements liés au transport.
Reporting : le TMS permet de générer des rapports sur les activités de transport et de proposer un gisement analytique important. Bien qu’évident, l’exploitation des données du transport ne sont pas encore toujours aussi bien utilisées qu’elles le mériteraient. La diversité des sources entrantes est certainement une des raisons que le TMS se propose justement de traiter par la centralisation de ces données. Le reporting est un colossal feedback de l’adoption d’un TMS.
Règlementation : dans certains cas, le TMS peut aussi prendre en charge la dimension règlementaire comme par exemple celle concernant le transport des matières dangereuses. Dans ce cas, le TMS est souvent associé à un éditeur spécialisé dans le suivi et la mise à jour règlementaire. Néanmoins, le TMS peut proposer de normaliser l’expédition selon les contraintes législatives applicables aux marchandises du chargeur.
Gestion des quais : la rencontre est de plus en plus fréquente ! Exploiter un module de planning des rendez-vous pour mieux gérer l’occupation et la répartition des quais de chargement/déchargement. Une évidence, mais qui n’est pas toujours simple de gérer au quotidien. Les TMS investissent de plus en plus ce créneau avec notamment la réussite de l’outil SHIPTIDOCK.

Les fonctions d’un TMS transporteur
Le TMS transporteur est, quant à lui, traditionnellement utilisé par les transporteurs détenteurs de flotte en propre.
Dans cette configuration, les fonctionnalités principales d’un TMS transporteur sont les suivantes :
Gestion des commandes ou des flux à traiter : le TMS permet aux transporteurs de recevoir les commandes des chargeurs, de les planifier, et de les exécuter.
Suivi de la maintenance du matériel roulant : le TMS permet de suivre l’état du matériel roulant et de planifier les interventions de maintenance et les réparations.. C’est un levier encore trop souvent négligé alors qu’il apporte de la valeur financière, de la fiabilité opérationnelle et une meilleure maitrise de son empreinte carbone. Sans parler de la valeur ajoutée sur la QVCT des chauffeurs et différents usagers du matériel. Le TMS peut parfois même s’envisager comme un outil de suivi des consommables avec une possibilité de suivi des stocks de consommables et de réapprovisionnement des commandes nécessaires.
Gestion des temps de conduite : le TMS permet de suivre les temps de conduite des chauffeurs et de s’assurer du respect de la réglementation. Et c’est un gros morceau de l’exploitation quotidienne des transporteurs. Un must-have. Le suivi des formations et les évaluations ou recyclages sont autant d’éléments que le TMS peut intégrer pour densifier cette partie management RH du transport.
Optimisation des tournées de livraisons : le TMS permet d’optimiser les tournées de livraisons en fonction des contraintes de temps et de capacité. Dans ce point, il pourra parfois être identifié la possibilité du TMS à proposer une aide au remplissage pour optimiser le contenant (fret) avec le contenant (capacitaire réglementaire de la remorque ou du véhicule) ; le taux de remplissage.
Traçabilité des marchandises : le TMS permet de suivre l’acheminement des marchandises en temps réel.
Facturation des prestations de transport : le TMS permet de facturer les prestations de transport aux clients. Autant annoncer que les TMS (transporteur en l’occurrence) devront se mettre en conformité avec la facturation électronique applicable au 1er janvier 2026
Mobilité et communication embarquée avec les chauffeurs : le TMS permet de communiquer avec les chauffeurs en temps réel, par exemple pour leur communiquer des informations sur leur prochaine livraison. Cette partie du TMS devient de plus en plus centrale dans la gestion des opérations quotidiennes pour assurer un suivi de qualité des salariés d’une part mais aussi être en mesure d’informer les clients au fil de l’eau.
Interfaces avec d’autres SI : le TMS permet d’échanger des informations avec d’autres SI. On peut retrouver parmi les principaux SI, tous les logiciels chargeurs qui ont besoin d’avoir des éléments de tracking ainsi que les boîtiers télématiques embarqués dans les véhicules par exemple. Ces derniers sont notamment très précieux pour collecter les informations de temps de conduite, kilométrage, qualité de conduite ou encore positions GPS pour les suivis en temps réel. Définitivement, le TMS est une brique interconnectée avec d’autres pour en exploiter tout le potentiel.
Reporting : le TMS permet de générer des rapports sur les activités de transport et de proposer un gisement analytique important. C’est le même constat et même bénéfice que pour le TMS chargeur.
TMS chargeur ou TMS transporteur : ce qui les sépare
Les deux familles portent le même acronyme et ne répondent pas à la même question. Un chargeur cherche à qui confier ses expéditions et à quel prix ; un transporteur cherche à remplir ses camions sans sortir du cadre réglementaire. Confondre les deux au moment de la consultation est l’erreur de cadrage la plus coûteuse d’un projet TMS.
| TMS chargeur | TMS transporteur | |
|---|---|---|
| Qui l’utilise | Industriel, distributeur ou e-commerçant qui expédie ses marchandises | Transporteur détenteur d’une flotte en propre |
| Question centrale | À qui confier chaque expédition, à quel coût et dans quel délai | Comment remplir les véhicules en respectant les temps de conduite |
| Fonctions structurantes | Calcul du plan de transport multicritère, interfaces transporteurs, traçabilité et étiquetage, préfacturation et contrôle de facture | Planification des commandes et des tournées, temps de conduite, maintenance du matériel roulant, suivi des consommables |
| Interfaces à sécuriser | ERP, WMS, systèmes des transporteurs | ERP, informatique embarquée, données sociales des conducteurs |
| Ce qu’on cherche à améliorer | Coût de transport, taux de service, empreinte carbone déclarée | Taux de remplissage, kilomètres à vide, conformité et disponibilité du parc |
Une troisième configuration existe et progresse : les entreprises qui arbitrent en permanence entre affrètement et flotte dédiée. Elles ont besoin des deux logiques dans le même outil, ce que plusieurs éditeurs proposent désormais.
Choisir son logiciel TMS
Le choix se joue sur trois points que cette page ne peut pas traiter en quelques lignes : la famille de solution qui correspond à votre métier, la charge réelle de saisie du référentiel tarifaire, et le nombre d’interfaces à construire avec votre système existant. Ces trois postes décident du budget bien plus que le prix de la licence.
Nous les détaillons, avec la méthode de chiffrage et les questions à poser en démonstration, sur la page consacrée au choix d’un logiciel TMS.
Questions fréquentes sur les TMS
Quelle différence entre un TMS et un WMS ?
Le WMS pilote ce qui se passe à l’intérieur de l’entrepôt : réception, stockage, préparation, expédition. Le TMS prend le relais à partir du quai de sortie : choix du transporteur, plan de transport, suivi et facturation. Les deux échangent en permanence, notamment sur les unités expédiées et les étiquettes.
Quelle différence entre un TMS et un DMS ?
Un DMS, ou Distribution Management System, se concentre sur l’optimisation des tournées de distribution et le séquencement des livraisons. Un TMS couvre un périmètre plus large, du choix du mode de transport jusqu’au contrôle de la facture. Les frontières varient d’un éditeur à l’autre, ce qui rend la comparaison de périmètre indispensable en consultation.
Un TMS chargeur convient-il à un transporteur ?
Rarement. Un TMS chargeur ne gère ni les temps de conduite, ni la maintenance du matériel roulant, ni l’affectation des conducteurs. Un transporteur qui s’équipe d’un outil chargeur découvre ces manques après la mise en service, quand le changement coûte le plus cher.
Faut-il un TMS quand on externalise tout son transport ?
Oui, et c’est même une configuration fréquente. Le TMS sert alors à comparer les offres, à tracer les expéditions et à contrôler les factures transporteurs, trois postes où les écarts se chiffrent vite. Ce qui change, c’est la nature du besoin : moins de planification, davantage d’achat et de contrôle.
Combien de temps dure un projet TMS ?
La durée dépend beaucoup moins du logiciel que du nombre d’interfaces et de la qualité des données tarifaires disponibles au démarrage. Un périmètre restreint à un site et à quelques transporteurs se déploie nettement plus vite qu’un projet multi-sites avec reprise de grilles historiques.
Un projet TMS à cadrer
Le choix de l’éditeur pèse moins lourd que le cadrage qui le précède : périmètre des flux, interfaces à sécuriser, données tarifaires à reprendre, organisation qui tiendra l’outil une fois livré. Blogistics est écrit par des professionnels de la filière, qui interviennent aussi en conseil sur ce type de projet, du cahier des charges au choix de la solution. Le premier échange est gratuit et sans engagement.
L’œil de l’expert
La question « chargeur ou transporteur » se tranche en trente secondes quand on la pose, et elle décide de la liste des éditeurs à consulter. Les consultations qui s’enlisent sont presque toujours celles où les deux familles d’outils ont été mises en concurrence sans le savoir.
Parcours TMS, étape 1 sur 5 : Comprendre ce qu’est un TMS
Étape suivante : Situer le TMS parmi vos outils, TMS, DMS, WMS, ERP : qui fait quoi et où passent les frontières.




