Upply
publie des indices de prix du transport de fret et une production éditoriale d’analyse de marché suivie dans la profession. La société est détenue majoritairement par Geodis, minoritairement par Veltys, et compte entre vingt et quarante-neuf salariés.
Son histoire mérite une précision, car les fiches d’annuaire se trompent souvent dessus. L’entité juridique date bien de décembre 2009, mais elle s’appelait alors Geodis Yakka, puis Geodis Consulting, puis Geodis Multimodal Conseil. Upply n’est né qu’en 2018 : la coquille est ancienne, la marque et le métier ne le sont pas.
Le lancement public du 12 novembre 2018 présentait Upply comme une place de marché cent pour cent digitale du transport. Le positionnement s’est déplacé depuis, et c’est aujourd’hui la production d’indices et l’analyse de marché qui font sa notoriété.
La trajectoire de la base de données mesure ce déplacement mieux que n’importe quel communiqué : quarante millions de données en novembre 2018, plus de quatre-vingts millions de prix en décembre 2019, et plus d’un milliard de prix au premier trimestre 2026, chaque palier étant documenté par une publication distincte et datée. C’est cette accumulation qui fonde la crédibilité des indices.
Une réserve doit être posée d’emblée sur le périmètre. Le ferroviaire était explicitement exclu au lancement et il l’est toujours en 2026 : Upply couvre le routier, le maritime et l’aérien, pas tous les modes.
1 Md De prix dans la base au 1er trimestre 2026 | 36 Corridors du benchmark routier européen | 76 Indices UFI, dont 59 européens | 2017 Base 100 du benchmark trimestriel |
Tous les indices ne sont pas en accès libre. Le benchmark trimestriel du fret routier européen est gratuit contre formulaire, les indices UFI relèvent d’un abonnement. Une valeur d’indice ne devrait jamais être citée sans son trimestre ou son mois.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Upply, SIREN 518 618 608, société par actions simplifiée à conseil de surveillance au capital de 100 000 EUR, RCS Nanterre, code NAF 70.22Z |
| Siège | 26 quai Charles Pasqua, 92300 Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, à l’adresse de Geodis. Trois établissements enregistrés, dont un seul ouvert |
| Historique de la dénomination | Immatriculée le 4 décembre 2009 sous le nom Geodis Yakka, devenue Geodis Consulting en 2010, puis Geodis Multimodal Conseil jusqu’en 2018, enfin Upply. L’ancien siège était situé allée de l’Europe à Clichy |
| Actionnariat | Détenue majoritairement par Geodis et minoritairement par Veltys, qui siège au conseil de surveillance. Les pourcentages exacts ne sont pas publiés |
| Effectif | 20 à 49 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023 |
| Direction | Benoît Tiers, président. Thomas Larrieu, directeur général et directeur de la publication. Commissaire aux comptes Ernst & Young Audit |
| Comptes | 2 712 052 EUR de chiffre d’affaires et un résultat net de moins 7 169 174 EUR sur l’exercice 2024. Résultat net de moins 6 746 000 EUR en 2025. L’activité est financée par son actionnaire |
| Lancement | 12 novembre 2018, présenté par Geodis comme une place de marché entièrement numérique du transport. Le ferroviaire était exclu du périmètre et le reste |
| Volume de données | 40 millions de données en novembre 2018, plus de 80 millions de prix en décembre 2019, plus d’un milliard de prix au premier trimestre 2026 |
| Benchmark routier européen | European Road Freight Rate Development Benchmark, produit avec Transport Intelligence et l’Union internationale des transports routiers. Lancé le 12 décembre 2019, trimestriel, gratuit contre formulaire, base 100 en janvier 2017. Vingt corridors à l’origine, trente-six corridors internationaux et dix-sept pays en 2026 |
| Valeurs récentes | Premier trimestre 2026 : indice contrat à 140,1 et indice spot à 132,3. Deuxième trimestre 2026 : contrat à 148,0 et spot à 146,8. Gazole européen à 1,94 EUR le litre au deuxième trimestre 2026, en hausse de 27 % sur un an |
| Upply Freight Index | 76 indices, dont 59 européens et 17 mondiaux, couvrant le routier, le maritime et l’aérien. Accessibles sur abonnement, avec une interface de programmation documentée et des prévisions à six semaines |
| UFI Road France | Série débutée le 1er janvier 2019, calcul mensuel en euros par kilomètre gazole inclus, sur du lot complet de marchandises générales au-delà de 50 kilomètres. Échantillon réparti à 22 % en intra-régional et 78 % en inter-régional. Édition de mars 2024 : 1,569 EUR par kilomètre, en recul de 0,4 % sur un mois |
| Production éditoriale | Média de marque market-insights.upply.com, animé par Anne Kerriou comme rédactrice en chef et Jérôme de Ricqlès comme expert maritime. Les analyses sont reprises par la presse professionnelle du secteur |
Le benchmark publié avec Transport Intelligence et l’Union internationale des transports routiers est l’outil le plus directement exploitable, parce qu’il est gratuit et qu’il sépare deux réalités que les acheteurs confondent souvent : le contrat et le spot.
L’indice contrat suit les prix négociés sur des engagements de volume et de durée. L’indice spot suit le coup par coup. Leur écart est un signal à lui seul. Quand le spot passe sous le contrat, la capacité est abondante et les appels d’offres se négocient bien. Quand il le rattrape ou le dépasse, la capacité se raréfie et les contrats déjà signés deviennent avantageux pour celui qui les détient, ce qui déplace entièrement l’intérêt d’un acheteur à rouvrir ou non sa consultation.
| Période | Indice contrat | Indice spot | Lecture |
|---|---|---|---|
| Premier trimestre 2026 | 140,1 | 132,3 | Écart de près de huit points en faveur de l’acheteur sur le marché ponctuel |
| Deuxième trimestre 2026 | 148,0 | 146,8 | L’écart se referme presque entièrement, signe d’un marché qui se tend |
Base 100 en janvier 2017. Le gazole européen s’établissait à 1,94 EUR le litre au deuxième trimestre 2026, en hausse de 27 % sur un an, ce qui explique une part de la remontée des deux indices.
Acheteurs transport et directions supply chain qui préparent un appel d’offres routier européen et veulent savoir, avant de lancer la consultation, dans quel sens le marché a bougé sur leurs corridors.
Transporteurs et commissionnaires cherchant à situer leurs prix face à une référence de marché.
Directions financières construisant un budget transport ou une hypothèse d’inflation logistique.
Analystes et journalistes du fret.
Vérifier si une hausse annoncée par un prestataire correspond au mouvement réel du marché sur le corridor concerné, ou si elle relève d’un rattrapage propre à ce fournisseur.
Choisir le moment d’une consultation, en lisant l’écart entre contrat et spot.
Suivre un corridor précis plutôt qu’une moyenne nationale.
Automatiser une veille tarifaire, l’offre par abonnement disposant d’une interface de programmation documentée et de prévisions à six semaines.
Un indice mesure une tendance sur un périmètre donné. Il ne donne pas le prix juste d’un transport particulier. Les corridors du benchmark portent sur des relations internationales de lot complet, si bien qu’un flux de messagerie, de température dirigée ou de matières dangereuses ne suivra pas la même courbe, et parfois pas la même direction.
L’articulation avec les données du Comité National Routier mérite d’être comprise. Le CNR mesure des coûts de revient à partir d’une enquête sur les entreprises françaises, avec une portée juridique dans le contrat de transport. Upply observe des prix effectivement pratiqués sur le marché. Un chargeur averti regarde les deux. Le premier lui dit ce que le transport coûte à produire, le second ce qu’il se paie.
Il faut aussi mesurer ce que la méthodologie ne dit pas. Ni la base 100 ni la formule de calcul de l’indice routier français ne sont publiées, et aucune documentation méthodologique détaillée n’est accessible pour le maritime, alors que c’est le mode sur lequel les analyses d’Upply sont les plus reprises. Cela n’invalide pas les séries. Cela interdit de les auditer, ce qui pèse dès qu’on envisage un usage contractuel.
Une dernière donnée à garder en tête. Les affirmations commerciales sur le nombre d’entreprises utilisatrices, les milliers d’utilisateurs revendiqués ou les logos de grands comptes affichés en page d’accueil ne sont vérifiables par aucune source indépendante. Ce qui l’est, ce sont les indices eux-mêmes et leur reprise par la presse professionnelle.
Un benchmark trimestriel gratuit. Le European Road Freight Rate Development Benchmark, produit avec Transport Intelligence et l’Union internationale des transports routiers, couvre trente-six corridors et dix-sept pays sans abonnement.
Une base de données qui a changé d’échelle. Quarante millions de données en 2018, plus de quatre-vingts millions en 2019, plus d’un milliard de prix au premier trimestre 2026.
Une distinction contrat et spot exploitable directement. Peu de sources publiques séparent aussi nettement ces deux marchés, alors que c’est précisément ce dont un acheteur a besoin pour arbitrer son calendrier de consultation.
Une profondeur de série sur la France. L’indice routier français court sans interruption depuis le 1er janvier 2019, en euros par kilomètre gazole inclus.
Une production éditoriale suivie. Le média de marque publie des analyses reprises par la presse professionnelle, avec une rédaction identifiée et un expert maritime attitré.
Un adossement industriel solide. La société est portée par Geodis, ce qui explique qu’un service coûteux à produire reste accessible et que la profondeur de données continue de croître.