Port de Marseille Fos

Le Port de Marseille Fos, deuxième port français et tête de l’axe rhodanien

Port de Marseille Fos
est le nom commercial du Grand port maritime de Marseille. Il a traité 74 millions de tonnes en 2025, en progression de 5 %, avec 1,45 million de conteneurs équivalent vingt pieds, 9 400 escales et 4,1 millions de passagers.

Sa configuration est particulière. Le port n’est pas un lieu mais deux, séparés de soixante-dix kilomètres : les bassins Est à Marseille, quatre cents hectares tournés vers le passager, la Méditerranée et la réparation navale, et les bassins Ouest à Fos-sur-Mer, quinze mille cinq cents hectares dont huit mille cinq cents terrestres, consacrés à l’industrie lourde, au conteneur intercontinental et à la logistique.

Un port qui gagne de l’argent en perdant du tonnage

L’exercice 2024 mérite d’être regardé de près, parce qu’il dit ce que devient ce métier. Le tonnage a reculé de 2 %, à 70,5 millions de tonnes, pendant que le chiffre d’affaires progressait de 7 %, à 224,5 millions d’euros.

L’explication tient dans la composition du trafic. Les vracs solides se sont effondrés de 26 %, après un recul de 24 % l’année précédente, conséquence de l’arrêt quasi total des hauts fourneaux d’ArcelorMittal à Fos. Dans le même temps, les conteneurs progressaient de 9 % et les produits raffinés de 10 %. Une tonne de minerai pèse lourd et rapporte peu, une tonne conteneurisée pèse moins et rapporte davantage.

L’exercice 2025 confirme la bascule : à volume conteneurisé stable, le chiffre d’affaires progresse encore de 5 %, tiré par les raffinés, le gaz naturel liquéfié, le roulier, les véhicules et la croisière.

Chiffres clés

74 M
Tonnes traitées en 2025
1,45 M
Conteneurs EVP en 2025
235,3 M
EUR de chiffre d’affaires en 2025
21 %
Du conteneur acheminé par le fer ou le fleuve

Les trafics et le chiffre d’affaires sont ceux publiés par le port au titre de l’exercice 2025. Le chiffre d’affaires cité est celui de l’établissement public : le périmètre consolidé, qui intègre les participations, s’établissait à 275,0 millions d’euros au titre de 2024. Les parts modales portent sur les seuls conteneurs.

Données de l’entreprise

IndicateurValeur
Raison socialeGrand port maritime de Marseille, sigle GPMM, marque commerciale Port de Marseille Fos, SIREN 775 558 489, établissement public national à caractère industriel et commercial doté d’un comptable public, code NAF 52.22Z
Siège23 place de la Joliette, 13002 Marseille. Six établissements ouverts : Marseille, Fos-sur-Mer, Paris, Martigues, Lyon et Enchastrayes
Statut actuelLa forme de grand port maritime résulte de la réforme portuaire du 4 juillet 2008, l’activité sous ce régime ayant débuté le 1er janvier 2008
Effectif1 000 à 1 999 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023
DirectionHervé Martel, président du directoire, renouvelé par décret du 28 mars 2025 pour cinq ans. Christophe Castaner préside le conseil de surveillance, réélu le 26 avril 2024 pour cinq ans, avec Laurence Borie-Bancel de la Compagnie nationale du Rhône à la vice-présidence
GouvernanceConseil de surveillance de dix-huit membres : cinq pour l’État, cinq pour les collectivités, trois pour les salariés et cinq personnalités qualifiées. Conseil de développement de quarante membres
Trafics 202574 Mt en hausse de 5 %. Vracs liquides 47,6 Mt en hausse de 8 %, dont 14 Mt de produits raffinés en hausse de 23 %. Vracs solides 6,9 Mt en hausse de 6 %. Conteneurs 1,45 million d’EVP, stables. Roulier 245 194 remorques en hausse de 7 %. Véhicules neufs 225 548 en hausse de 17 %
Passagers4,1 millions de passagers en 2025, en hausse de 4 %, dont 2,6 millions de croisiéristes en hausse de 7 %
Report modal16 % des conteneurs acheminés par le fer et 5 % par le fleuve en 2025, avec des volumes massifiés en progression de 10 %. Ces parts ne couvrent ni les vracs liquides, largement évacués par pipeline, ni les vracs solides
Économie235,3 M EUR de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 5 %, après 224,5 M EUR en 2024 et 210,5 M EUR en 2023. Investissements de 105 M EUR en 2025, 130 M EUR budgétés pour 2026
Projet stratégiqueMarseille Fos 25-29, doté de 1 à 1,3 milliard d’euros sur cinq ans, contre 340 millions sur le programme précédent
Électrification des quaisPlus de 200 M EUR engagés. Capacité portée de 68 à 108 mégawatts début 2026, cible de 150 mégawatts en 2029 et objectif de 80 % des escales commerciales électrifiées à cette date. Première connexion simultanée de trois navires de croisière en 2026, quatre ans avant l’échéance réglementaire européenne
InfrastructuresPlus long quai d’Europe avec 2,6 km, plus grand terminal à conteneurs de France avec 820 000 mètres carrés, dix formes de réparation navale sur les bassins Est
Emplois de la place portuaire42 600 emplois salariés dans le cluster industrialo-portuaire, dont 44 % dans les services maritimes et portuaires, 32 % dans l’industrie et 10 % dans le transport terrestre. Données INSEE portant sur fin 2019, publiées en mai 2023

Les deux bassins et ce qu’ils traitent

EnsembleTrafics et équipementsRepères
Bassins Est, MarseillePassagers vers la Corse et le Maghreb, croisière, roulier méditerranéen, marchandises diverses, réparation navale400 hectares. Terminaux croisière du MPCT, du J4 et de Cap Janet. Dix formes de réparation navale
Bassins Ouest, Fos-sur-MerIndustrie lourde, conteneur intercontinental, vracs liquides et solides, véhicules, logistique15 500 hectares dont 8 500 terrestres, à soixante-dix kilomètres de Marseille
Terminaux pétroliers et gaziersLavéra, Cavaou et Tonkin : brut, produits raffinés, gaz naturel liquéfié et chimieLes vracs liquides pèsent 47,6 Mt en 2025, soit près des deux tiers du tonnage total du port
Terminaux à conteneursFos 2XL et darse 2820 000 mètres carrés, le plus grand terminal conteneur de France
Terminaux véhiculesBrûle-Tabac et darse 3225 548 véhicules neufs traités en 2025, en hausse de 17 %
Vracs solides et conventionnelDarse 1 pour les vracs solides, darse Sud pour le conventionnel d’ArcelorMittalFilière la plus exposée aux cycles industriels, avec deux exercices de fort recul avant le rebond de 2025
Desserte terrestreTête maritime de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône, avec un établissement du port à Lyon20,8 M EUR investis en 2024 sur les infrastructures ferroviaires de Graveleau et Mourepiane

Une confusion fréquente mérite d’être levée : les bassins Est sont ceux de Marseille, les bassins Ouest ceux de Fos. L’inversion est courante, y compris dans des documents professionnels.

  • Vracs liquides : première filière du port avec 47,6 millions de tonnes en 2025, tirée par les produits raffinés en hausse de 23 % et par le gaz naturel liquéfié.
  • Conteneurs : 1,45 million d’EVP en 2025, après une progression de 9 % en 2024 portée par la montée en puissance de MSC, devenu premier client du port.
  • Croisière : 2,6 millions de croisiéristes en 2025, activité qui explique une part de l’urgence sur l’électrification des quais.
  • Zone industrialo-portuaire de Fos : les projets industriels annoncés par des tiers sur ce territoire représentent environ quinze milliards d’euros et plus de dix mille emplois directs à l’horizon 2030 à 2035. Ce sont des investissements privés, portés par des industriels et non par le port.
  • Axe rhodanien : le port est la porte maritime d’un corridor fluvial et ferroviaire qui remonte jusqu’à la Bourgogne, ce qui en fait le point d’entrée naturel pour le quart sud-est du pays.

Marseille Fos est-il la bonne porte d’entrée pour vos flux ?

Pour qui ?

Importateurs et exportateurs conteneurisés dont le marché est le quart sud-est de la France, la Suisse ou l’Italie du Nord.

Industriels de la chimie, du raffinage et de l’énergie, filière qui représente près des deux tiers du tonnage.

Constructeurs et distributeurs automobiles, le port ayant traité plus de deux cent vingt-cinq mille véhicules neufs en 2025.

Chargeurs qui veulent éviter le contournement par les ports du nord de l’Europe sur des flux venant d’Asie ou d’Afrique du Nord.

Pour quoi faire ?

Raccourcir un acheminement depuis l’Asie de plusieurs jours de mer par rapport à un débarquement en mer du Nord.

Basculer un pré ou post-acheminement conteneur sur le fer ou le fleuve, deux modes qui traitent déjà 21 % des boîtes.

Implanter une activité industrielle ou logistique sur la zone de Fos, où plusieurs milliers d’hectares sont aménagés.

Bénéficier d’une escale électrifiée, capacité que le port porte à 150 mégawatts d’ici 2029.

Ce que la bascule tonnage vers valeur signifie pour un chargeur

Longtemps, un port s’est jugé au tonnage. Le cas marseillais montre que cet indicateur a perdu beaucoup de sa pertinence.

En 2024, le port a perdu 2 % de tonnage et gagné 7 % de chiffre d’affaires. La recette moyenne par tonne est passée d’environ 2,92 euros en 2023 à 3,18 euros en 2024, ratio que nous calculons à partir des données publiées et qui vaut comme tendance, pas comme donnée comptable.

Le mouvement n’a rien de choisi. Il résulte de l’effondrement d’une filière lourde, la sidérurgie, et de la montée d’une filière légère, le conteneur, à laquelle s’ajoutent le roulier, la croisière et le gaz. Ce qui est notable est que la recette du port ait résisté au choc.

Pour un chargeur, la conséquence est pratique. Comparer deux ports par leur tonnage revient à comparer des minerais et des conteneurs. Les bons indicateurs sont ceux de sa propre filière : le nombre d’EVP et la qualité de leur desserte terrestre pour du conteneur, la capacité et la profondeur pour du vrac, le nombre d’escales et de lignes pour du roulier.

Les points forts de Marseille Fos

La porte méditerranéenne de l’Europe. Pour une marchandise venant d’Asie ou d’Afrique du Nord, débarquer à Fos épargne plusieurs jours de mer par rapport aux ports du nord de l’Europe, et autant de post-acheminement terrestre.

Le plus grand terminal à conteneurs de France. 820 000 mètres carrés sur les bassins Ouest, avec le plus long quai d’Europe, 2,6 kilomètres.

Un report modal supérieur à la moyenne française. Vingt et un pour cent des conteneurs partent par le fer ou par le fleuve, avec des volumes massifiés en progression de 10 % en 2025.

Un effort d’investissement sans précédent. Le projet stratégique 2025 à 2029 porte 1 à 1,3 milliard d’euros, contre 340 millions sur la période précédente, et le budget d’investissement 2026 progresse de 24 %.

Une avance sur l’électrification. Capacité portée à 108 mégawatts début 2026 et cible de 150 mégawatts en 2029, avec l’objectif de 80 % des escales commerciales connectées, quatre ans avant l’échéance réglementaire européenne.

Une diversité de trafics qui amortit les cycles. Vracs liquides, conteneurs, roulier, véhicules, passagers et croisière : l’effondrement d’une filière entière en 2024 n’a pas entamé la recette du port.