Dunkerque-Port
est le nom d’usage du Grand port maritime de Dunkerque. Il a traité 48 millions de tonnes en 2025, en progression de 5 %, après 45,9 millions l’année précédente. C’est le troisième port français, derrière l’axe Seine et Marseille.
Sa physionomie diffère de celle des deux autres. Dunkerque n’est pas d’abord un port de transit, c’est un port industriel : il a été construit autour de la sidérurgie, du minerai et de l’énergie, et il vit encore largement de ce qui se produit sur son propre territoire.
Le trafic 2025 dit ce que devient ce port. Les vracs liquides ont progressé de 18 %, à 14,4 millions de tonnes, portés par un trafic de méthanier qui dépasse dix millions de tonnes et bat son propre record.
Dans le même temps, le charbon recule de 10 %, à 2,7 millions de tonnes. Le minerai de fer se stabilise, à peine 1 % de hausse. Les conteneurs, eux, bondissent de 14 %, à 747 000 boîtes, dont 520 000 d’hinterland, en hausse de 20 %.
48 M Tonnes traitées en 2025 | 747 000 Conteneurs EVP en 2025 | 10 M Tonnes de GNL, record du port | 486 000 Camions en roulier transmanche |
Les trafics sont ceux de l’exercice 2025. Attention à une confusion fréquente : le chiffre de cent millions de tonnes parfois cité pour Dunkerque porte sur l’ensemble régional Dunkerque, Calais et Boulogne, pas sur le seul grand port maritime.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Grand port maritime de Dunkerque, nom d’usage Dunkerque-Port, SIREN 783 595 036, établissement public national à caractère industriel et commercial doté d’un comptable public, code NAF 52.22Z |
| Siège | Terre-Plein Guillain, 59140 Dunkerque, dans le Nord. Un seul établissement |
| Statut actuel | La forme de grand port maritime résulte de la réforme portuaire du 4 juillet 2008, l’activité sous ce régime ayant débuté le 1er janvier 2008 |
| Effectif | 250 à 499 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023, pour l’établissement public seul |
| Direction | Maurice Georges, président du directoire, renouvelé le 25 juillet 2024. Emmanuelle Verger préside le conseil de surveillance, réélue le 31 mai 2024 |
| Trafics 2025 | 48 Mt en hausse de 5 %. Vracs liquides 14,4 Mt en hausse de 18 %, dont plus de 10 Mt de gaz naturel liquéfié. Vracs solides 14,4 Mt en hausse de 5 %. Marchandises diverses 19,3 Mt en hausse de 4 % |
| Détail des vracs solides | Minerais de fer en hausse de 1 %, charbon à 2,7 Mt en recul de 10 %, céréales à 1,3 Mt en hausse de 1 % |
| Conteneurs | 747 000 EVP en 2025, en hausse de 14 %, dont 520 000 d’hinterland en hausse de 20 % et 227 000 de transbordement en hausse de 4,6 % |
| Roulier transmanche | 486 000 camions en 2025, en léger recul de 1 %, avec un trafic transmanche en baisse de 3 % compensé par l’Irlande en hausse de 11 %. Le terminal de ferroutage a été confié à Modalis en juin 2025 |
| Infrastructures | 17 km de façade maritime, 25 terminaux, 160 km de voies ferrées, 2 700 hectares aménagés. Tirants d’eau de 14,20 mètres au port Est et 20,50 mètres au port Ouest |
| Programme d’investissement | Cap 2020, doté de 600 M EUR, dont 300 M EUR à la charge du port et 300 M EUR attendus d’un opérateur privé |
| Perspective céréalière | Un trafic supplémentaire de 300 000 à 500 000 tonnes de céréales est attendu après l’ouverture du canal Seine-Nord Europe |
| Place portuaire | Plus de 29 000 emplois directs, indirects et induits et 3,8 Md EUR de valeur ajoutée, chiffres publiés par le port sans millésime. Objectif de neutralité carbone annoncé pour 2050 |
| Rôle | Dunkerque-Port est le gestionnaire du domaine et des infrastructures. Les industriels et manutentionnaires installés sur son territoire sont des entreprises distinctes |
| Porteur | Projet | Montant, emplois et calendrier annoncés |
|---|---|---|
| Verkor | Usine de batteries de 16 gigawattheures par an | 3 Md EUR, 1 200 emplois, production visée en 2026 |
| ProLogium | Usine de batteries de 44 gigawattheures | 5,2 Md EUR, 3 000 emplois à l’horizon 2030, lancement décalé à 2028 selon la presse professionnelle |
| Orano et XTC New Energy | Matériaux pour batteries | 1,5 Md EUR, 1 300 emplois, première pierre en 2026 |
| Suez | Recyclage de 200 000 batteries par an | 300 M EUR, 200 emplois |
| ArcelorMittal | Décarbonation de la production d’acier | 1,2 Md EUR confirmés après une annonce initiale de 1,8 Md EUR, objectif de 40 % d’émissions en moins d’ici 2030 |
| Aluminium Dunkerque | Four de recyclage et captage de carbone | Plus de 300 M EUR, four livré en 2025, captage prévu d’ici 2030 |
| EDF | Deux réacteurs EPR2 à Gravelines | 17 Md EUR, 1 000 emplois, période 2026 à 2039 |
| RTE | Raccordement de 600 mégawatts d’éolien en mer et renforcement du réseau | 1,45 Md EUR pour l’éolien à horizon 2028 et 270 M EUR pour le réseau en 2029 |
Aucun de ces projets n’est un investissement du port. Ce sont des industriels tiers qui s’implantent sur le territoire dunkerquois, et leurs calendriers ont déjà bougé pour plusieurs d’entre eux. Le recensement provient d’une étude de l’Institut Montaigne publiée en décembre 2025.
Industriels lourds de la sidérurgie, de l’aluminium, de la chimie et de l’énergie, cœur historique du port.
Importateurs et exportateurs conteneurisés du nord de la France et du Benelux, dont le trafic d’hinterland a progressé de 20 % en 2025.
Chargeurs du transmanche et des liaisons irlandaises, avec un trafic roulier de près d’un demi-million de camions.
Porteurs de projets industriels qui cherchent du foncier aménagé avec accès direct au quai et desserte ferroviaire.
Débarquer un vrac lourd au plus près d’une usine, sur un port conçu pour l’industrie plutôt que pour le transit.
Faire transiter un conteneur vers le nord de la France ou la Belgique en évitant la saturation des ports voisins.
Basculer un flux transmanche sur le ferroutage, dont le terminal a été confié à un opérateur dédié en 2025.
Implanter une activité industrielle sur un territoire où plus de neuf milliards d’euros d’investissements privés sont engagés.
Dunkerque est le seul territoire français où se concentre simultanément une filière batterie complète, une décarbonation sidérurgique de grande ampleur et un programme nucléaire.
Pour un logisticien, cela n’a rien d’abstrait. Une usine de batteries de quarante-quatre gigawattheures consomme des flux entrants massifs et réguliers de matières et de composants, et produit des flux sortants à forte valeur, sensibles à la température et soumis à une réglementation stricte sur les matières dangereuses. Le recyclage de deux cent mille batteries par an crée en outre une logistique inverse dont il existe encore peu d’équivalents en France.
L’échelle change aussi la donne foncière et sociale. Plus de cinq mille emplois directs projetés sur la seule filière batterie signifient des besoins de transport de personnel, de restauration, de maintenance et de services, autant de flux qui n’existaient pas.
Une réserve s’impose toutefois. Ces projets sont portés par des industriels tiers, pas par le port, et plusieurs calendriers ont déjà été décalés. Ce sont des annonces engageantes, pas des tonnages acquis.
Le troisième port français, en croissance. Quarante-huit millions de tonnes en 2025, en progression de 5 % après une hausse de 4,7 % l’année précédente. Peu de ports européens affichent deux exercices consécutifs de cette nature.
Une profondeur d’eau rare. Vingt mètres cinquante de tirant d’eau au port Ouest, ce qui autorise les plus grands vraquiers et méthaniers sans contrainte de marée.
Le premier port méthanier de la façade. Plus de dix millions de tonnes de gaz naturel liquéfié en 2025, record du site, dans un contexte européen où la sécurité d’approvisionnement est redevenue un enjeu stratégique.
Une desserte ferroviaire de premier plan. Cent soixante kilomètres de voies sur le domaine et une position revendiquée de premier pôle français de fret ferroviaire portuaire.
Un conteneur d’hinterland qui progresse fortement. Cinq cent vingt mille EVP en 2025, en hausse de 20 %, c’est-à-dire des boîtes qui entrent et sortent réellement du territoire, pas du transbordement.
Un territoire en reconstruction industrielle. Plus de neuf milliards d’euros engagés sur la seule filière batterie, auxquels s’ajoutent la décarbonation sidérurgique et le programme nucléaire de Gravelines : aucun autre port français ne concentre une telle dynamique.