HAROPA PORT
est le premier ensemble portuaire français. Il a traité 84,7 millions de tonnes de trafic maritime en 2025, et 3,2 millions de conteneurs équivalent vingt pieds. Les deux indicateurs progressent, de 2 % pour le tonnage et de 4 % pour la boîte, ce qui le maintient au premier rang français devant Marseille sur l’un comme sur l’autre.
Sa dénomination légale dit sa singularité : Grand port fluvio-maritime de l’axe Seine. Il est le seul de ce statut. Une personne morale unique porte à la fois un domaine maritime de façade au Havre, un domaine estuarien à Rouen et une soixantaine de ports urbains en Île-de-France.
Le Havre, Rouen et Paris étaient trois établissements publics distincts, souvent concurrents sur les mêmes trafics. Ils ont fusionné le 1er juin 2021. Ils en sont devenus les directions territoriales.
Ce point mérite d’être posé clairement pour un chargeur : les grands ports maritimes du Havre et de Rouen, ainsi que le Port autonome de Paris, n’existent plus juridiquement. Leurs numéros d’immatriculation sont cessés depuis cette date. L’interlocuteur unique est HAROPA PORT, dont le siège est au Havre. Une seule adresse, une seule direction, un seul conseil de surveillance pour un domaine qui va de la mer de la Manche jusqu’aux quais parisiens de la Seine.
84,7 M Tonnes de trafic maritime en 2025 | 3,2 M Conteneurs EVP en 2025 | 20,3 % Part du fer et du fleuve dans les acheminements | 16 000 Hectares de circonscription terrestre |
Les trafics sont ceux publiés par le port au titre de l’exercice 2025. Le service statistique du ministère retient 84,4 millions de tonnes pour le même exercice, l’écart tenant à des périmètres de comptage différents. HAROPA reste dans les deux cas le premier port français, devant Marseille.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Grand port fluvio-maritime de l’axe Seine, marque HAROPA PORT, SIREN 899 614 804, établissement public national à caractère industriel et commercial doté d’un comptable public, code NAF 52.22Z |
| Création | 1er juin 2021, par fusion des grands ports maritimes du Havre et de Rouen et du Port autonome de Paris, tous trois cessés à cette date |
| Siège | 71 quai Colbert, 76600 Le Havre, en Seine-Maritime. Neuf établissements ouverts |
| Effectif | 1 000 à 1 999 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023. Le port annonce environ 1 900 collaborateurs |
| Direction | Benoît Rochet, président du directoire et directeur général, nommé par décret, annoncé en février 2025. Daniel Havis préside le conseil de surveillance depuis juillet 2021 |
| Conseil de surveillance | Dix-sept membres : cinq représentants de l’État, cinq des collectivités, trois des salariés et quatre personnalités qualifiées nommées conjointement par les ministères chargés de l’économie, des comptes publics, de la mer et des transports |
| Trafics 2025 | 84,7 Mt maritime en hausse de 2 % et 18,1 Mt fluvial. 3,2 millions d’EVP en hausse de 4 %. Vracs liquides 39,7 Mt, dont 20,38 Mt de brut en hausse de 5 %. Vracs solides 12,92 Mt en hausse de 10 %, dont 7,36 Mt de céréales |
| Roulier et croisière | 242 000 véhicules en roulier en 2025. 205 escales de croisière pour 476 205 passagers |
| Report modal | 20,3 % des pré et post-acheminements en 2025 par le fer et le fleuve, contre 19,7 % en 2024, avec un objectif annoncé de 50 % en 2030. Le fer a traité 145 000 EVP en 2025, en hausse de 18 %, contre 75 000 seulement en 2020 |
| Économie | 435 M EUR de chiffre d’affaires en 2025, contre 436 M EUR en 2024, pour une prévision de 443 M EUR en 2026. Investissements de 190 M EUR en 2025, en hausse de 30 % |
| Programme d’investissement | Plus d’un milliard d’euros annoncés sur la période 2026 à 2030, après un plan de même ordre sur 2020 à 2025 |
| Domaine | 16 000 hectares de circonscription terrestre, 500 km de voies navigables et 12 millions de mètres carrés d’entreposage sur l’ensemble de l’axe |
| Retombées annoncées | 160 000 emplois et 7,3 Md EUR de richesse créée, chiffres agrégés publiés par le port sans périmètre précisé |
| Rôle | HAROPA PORT est le gestionnaire du domaine et des infrastructures. La manutention des conteneurs est assurée par des opérateurs privés installés sur ses terminaux |
| Direction territoriale | Ce qu’elle traite | Repères |
|---|---|---|
| Le Havre, Seine-Maritime | Porte maritime de l’axe : conteneurs, vracs liquides, roulier, croisière. C’est ici qu’entre et sort la marchandise intercontinentale | 1 200 collaborateurs, 10 621 hectares terrestres, 35 km de quai, 484 occupants du domaine et 17 sites classés Seveso seuil haut |
| Port 2000, Le Havre | Terminal à conteneurs en eau profonde, accessible en permanence sans contrainte de marée | Dix postes à quai, 4,2 km de quais, cercle d’évitage de 700 mètres, derniers postes livrés en 2024 |
| Rouen, Seine-Maritime | Premier port céréalier d’Europe occidentale, vracs agricoles et conventionnel en fond d’estuaire | 480 collaborateurs, 4 700 hectares, 13 km de quai, six terminaux dont six sites céréaliers |
| Paris, Île-de-France | Réseau de ports urbains et de plateformes multimodales au service de la logistique du bassin de consommation francilien | 200 collaborateurs, 1 300 hectares, une soixantaine de ports urbains et six plateformes multimodales |
| Projet la Chatière | Accès fluvial direct à Port 2000, aujourd’hui contraint par un passage en mer pour les barges | Chantier destiné à lever le principal obstacle au report modal fluvial sur les conteneurs havrais |
| Projet PSMO | Port Seine-Métropole Ouest, plateforme multimodale francilienne en développement sur la période 2025 à 2040 | Capacité destinée à absorber les flux de matériaux et de logistique urbaine du nord-ouest francilien |
| Ligne Serqueux-Gisors | Itinéraire ferroviaire de fret alternatif entre Le Havre et l’Île-de-France | Capacité de vingt-cinq trains par jour, pièce maîtresse de l’objectif de report modal |
Aucune ventilation officielle des trafics entre Le Havre, Rouen et Paris n’est publiée depuis la fusion. Les chiffres cités par direction portent sur les surfaces, les quais et les effectifs, pas sur les tonnages.
Importateurs et exportateurs conteneurisés dont le bassin de consommation est le nord de la France et l’Île-de-France.
Négociants et coopératives céréalières, Rouen étant le premier port céréalier d’Europe occidentale.
Industriels des vracs liquides et de la pétrochimie, filière qui représente près de la moitié du tonnage.
Chargeurs engagés dans une trajectoire de décarbonation, pour qui la disponibilité du fer et du fleuve conditionne le report modal.
Faire entrer un conteneur au plus près de son marché de destination plutôt que de le débarquer à Anvers ou Rotterdam.
Acheminer une marchandise du Havre à Paris par la voie d’eau, sur un axe sans rupture de gabarit.
Implanter un entrepôt sur un domaine portuaire de seize mille hectares, avec accès direct au quai.
Réduire l’empreinte carbone d’un pré ou post-acheminement en basculant sur le rail, dont le trafic conteneur a progressé de 18 % en 2025.
Voici une distinction que les reprises de presse ne font jamais, et qui change la lecture des chiffres.
Un conteneur transbordé arrive par mer et repart par mer, sans jamais entrer sur le territoire. Il occupe un portique et une place à quai, mais il ne produit ni camion, ni train, ni entreposage, ni emploi logistique en France. Un conteneur d’hinterland, à l’inverse, entre ou sort réellement du pays et génère derrière lui toute la chaîne aval, du camion ou du train de sortie jusqu’à l’entrepôt de distribution et aux emplois qui l’accompagnent.
En 2024, HAROPA a affiché une croissance conteneur de 18,7 %, largement portée par un transbordement en hausse de 56 %, à environ 900 000 EVP. L’hinterland, lui, gagnait 7 %. Le record était réel. Sa portée économique française l’était moins.
En 2025, l’équilibre s’inverse. Le transbordement progresse de 2,4 % quand l’hinterland gagne 4 %, pour atteindre 2,3 millions d’EVP, son propre record. La croissance affichée est plus faible que l’année précédente. Sa qualité économique est meilleure.
Pour un chargeur, la leçon est simple. Quand on compare deux ports sur leur trafic conteneur, il faut savoir quelle part de ces boîtes n’a jamais touché le sol du pays, faute de quoi on compare un indicateur d’activité portuaire avec un indicateur d’activité économique.
Le premier ensemble portuaire français. 84,7 millions de tonnes maritimes en 2025 et 3,2 millions de conteneurs placent l’axe Seine devant Marseille sur les deux indicateurs.
Un statut unique en France. Grand port fluvio-maritime : une seule personne morale porte la façade maritime, l’estuaire et les ports urbains franciliens. Pour un chargeur, cela signifie un interlocuteur unique du navire au quai parisien, sans avoir à négocier séparément avec trois établissements publics aux calendriers et aux tarifs distincts, comme c’était le cas avant 2021.
Un accès direct au premier bassin de consommation français. L’axe Seine dessert l’Île-de-France sans rupture de gabarit fluvial, avantage que ni Marseille ni Dunkerque ne peuvent offrir sur ce marché.
Le premier port céréalier d’Europe occidentale. Rouen a traité 7,36 millions de tonnes de céréales en 2025, filière en progression de 4 %.
Un report modal qui progresse réellement. 20,3 % en 2025 contre 19,7 % en 2024, avec un trafic conteneur ferroviaire passé de 75 000 à 145 000 EVP en cinq ans.
Un effort d’investissement soutenu. 190 millions d’euros engagés en 2025, en hausse de 30 %, et plus d’un milliard annoncé sur la période 2026 à 2030, sur les accès fluviaux, l’électrification des quais et les plateformes franciliennes.