Port Atlantique La Rochelle
est le nom commercial du Grand port maritime de La Rochelle. Il a traité 8 776 187 tonnes en 2025, en progression de 4,7 % après 8 380 543 tonnes l’année précédente. C’est le plus petit des six grands ports maritimes de métropole.
Petit ne veut pas dire secondaire. La Rochelle est un port de vracs pur, sans transbordement conteneurisé, dont l’activité tient à trois filières bien identifiées : les céréales, les produits pétroliers raffinés et la forêt.
Les céréales et oléagineux ont représenté 3 471 063 tonnes en 2025, en hausse de 15 %, soit 39,6 % du trafic total du port. Le blé pèse 1 797 747 tonnes, l’orge 1 077 892 tonnes, le maïs 539 150 tonnes. Le port se présente lui-même comme le deuxième exportateur céréalier français, derrière Rouen, et le leader de la façade atlantique.
Cette concentration a un revers. Elle expose l’ensemble de la place portuaire aux aléas d’une seule récolte, et il faut lire les chiffres avec précaution : en année civile 2025 les céréales progressent de 15 %, alors que sur la campagne 2024-2025, qui court de juillet à juin, les volumes se sont effondrés de 31 % chez un opérateur comme Sica Atlantique. Les deux lectures sont exactes, elles ne mesurent simplement pas la même période.
Les produits pétroliers, eux, forment le second pilier avec 3 029 725 tonnes en 2025, à un niveau strictement stable. Il s’agit exclusivement de produits raffinés : le port n’a traité aucune tonne de pétrole brut cette année-là.
8,78 M Tonnes traitées en 2025 | 3,47 M Tonnes de céréales et oléagineux | 420 420 Tonnes de pâte à papier, 1er en France | 166,6 M EUR d’investissements 2025-2029 |
Trafics de l’année civile 2025, bilan officiel publié le 27 janvier 2026. Ne pas confondre avec les volumes de campagne céréalière, qui courent de juillet à juin et donnent des évolutions opposées.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Grand port maritime de La Rochelle, nom commercial Port Atlantique La Rochelle, SIREN 485 389 811, établissement public national à caractère industriel et commercial doté d’un comptable public, code NAF 52.22Z |
| Siège | 141 boulevard Émile Delmas, 17000 La Rochelle, en Charente-Maritime. Adresse postale CS 70394, 17001 La Rochelle Cedex 1. Deux établissements enregistrés, dont un ouvert |
| Statut actuel | Port autonome par décret du 20 décembre 2004, personne morale immatriculée au 1er janvier 2006, grand port maritime par décret du 9 octobre 2008 |
| Effectif | 100 à 199 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023. Le port déclare 113 agents en 2024, 117 en 2025 et vise 121 à horizon 2029 |
| Direction | Sandrine Gourlet, présidente du directoire, donnée du registre national des entreprises |
| Trafic 2025 | 8 776 187 tonnes, en hausse de 4,7 %, contre 8 380 543 tonnes en 2024 |
| Céréales et oléagineux | 3 471 063 tonnes en 2025, en hausse de 15 %, soit 39,6 % du trafic. Blé 1 797 747 t, orge 1 077 892 t, maïs 539 150 t |
| Produits pétroliers | 3 029 725 tonnes en 2025, strictement stables, uniquement des produits raffinés et aucune tonne de brut |
| Filière forestière | 483 306 tonnes en 2025, dont 420 420 tonnes de pâte à papier, soit 87 % du total. Le port est le premier importateur français de pâte à papier |
| Grumes | 4 510 tonnes seulement en 2025, soit 0,05 % du trafic. La réputation ancienne du port sur ce produit ne correspond plus à la réalité |
| Infrastructures | 283 hectares terrestres et 276 hectares maritimes. Tirant d’eau maximal de 15 mètres à l’appontement pétrolier Ouest, 14 mètres à Chef de Baie 1 et 2, Anse Saint-Marc 1 et 2 et au quai Lombard AP00 |
| Desserte ferroviaire | 1,2 million de tonnes acheminées par le rail en 2025, soit environ 14 % de part modale |
| Projet stratégique | Plan 2025-2029 approuvé par le conseil de surveillance le 27 juin 2025, doté de 166,6 M EUR, soit un doublement du plan précédent, avec un objectif de 35 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins d’ici 2029 |
| Place portuaire | 4 717 emplois et 1 538 M EUR de chiffre d’affaires sur l’agglomération, dont 841 directs, 2 704 indirects et 1 172 induits. Périmètre des trois ports de La Rochelle, pas du seul grand port maritime |
La Rochelle a longtemps été identifiée à l’importation de grumes, ces troncs bruts qui arrivaient d’Afrique par navires entiers. Cette page est tournée. En 2025, les grumes ne représentent plus que 4 510 tonnes, soit cinq centièmes de pour cent du trafic total.
La filière forestière, elle, ne s’est pas effondrée : elle a changé de produit. Sur 483 306 tonnes de bois et dérivés, 420 420 tonnes sont de la pâte à papier, et cette position fait du port le premier importateur français sur ce produit. C’est un titre de premier rang national que le port possède réellement, et dont il ne parle presque jamais, quand il communique abondamment sur une deuxième place céréalière.
Coopératives et négociants céréaliers du grand Ouest et du Centre, pour qui le port est la sortie maritime naturelle.
Papetiers et industriels du bois, qui bénéficient de la première position française sur la pâte à papier.
Distributeurs de produits pétroliers raffinés cherchant un point de réception profond sur l’Atlantique.
Opérateurs de colis lourds et de l’éolien en mer, filière visée par le plan d’investissement 2025-2029.
Charger un vraquier céréalier sur un site où quinze mètres de tirant d’eau sont disponibles à l’appontement Ouest.
Réceptionner de la pâte à papier au premier point d’entrée français, avec les services spécialisés qui vont avec.
Basculer une part de flux sur le rail, dont la part modale atteint déjà environ 14 % au port.
Éviter la congestion des grands hubs pour un vrac qui n’a pas besoin de conteneur ni de correspondance.
La Rochelle n’a ni terminal à conteneurs, ni trafic de transbordement, ni activité roulier significative. Cette absence est structurante. Le port ne se compare pas au Havre ou à Marseille, il se compare à Rouen sur les céréales et à quelques ports d’Europe du Nord sur la pâte à papier.
Pour un chargeur, la conséquence est simple : si votre marchandise voyage en boîte, ce n’est pas votre port. Si elle voyage en vrac et que votre bassin de production ou de consommation se situe entre la Bretagne, le Centre et l’Aquitaine, la question mérite d’être posée sérieusement, car le temps d’attente et les coûts de passage y sont sans commune mesure avec ceux d’un grand hub.
Il faut également intégrer la saisonnalité. Un port dont quatre tonnes sur dix relèvent de la céréale connaît des pointes de campagne très marquées, et la capacité de silo comme la disponibilité des sillons ferroviaires se raréfient au même moment pour tout le monde.
Deux réserves enfin, à porter au dossier. Le port affiche encore une ambition de près de dix millions de tonnes par an, alors que les réalisés 2023 à 2025 se situent entre 8,38 et 8,78 millions. Et il ne publie aucun décompte officiel de terminaux : La Pallice est le nom du site, pas celui d’un terminal.
Une croissance régulière à contre-courant. Huit virgule soixante-dix-huit millions de tonnes en 2025, en hausse de 4,7 %, dans une année où plusieurs grands ports français reculaient.
Le premier rang français sur la pâte à papier. Quatre cent vingt mille quatre cent vingt tonnes en 2025, une position nationale dominante que le port lui-même sous-exploite dans sa communication.
Le deuxième exportateur céréalier de France. Trois virgule quarante-sept millions de tonnes en 2025, en progression de 15 %, et le premier rang sur toute la façade atlantique.
Des profondeurs sérieuses pour un port de cette taille. Quinze mètres de tirant d’eau à l’appontement pétrolier Ouest et quatorze mètres sur plusieurs postes de vrac.
Une part ferroviaire déjà installée. Un virgule deux million de tonnes acheminées par le rail en 2025, soit environ quatorze pour cent des tonnages, un niveau que beaucoup de ports français revendiquent comme objectif.
Un investissement doublé. Cent soixante-six virgule six millions d’euros engagés sur 2025-2029, avec une cible de moins trente-cinq pour cent d’émissions, décision prise par le conseil de surveillance le 27 juin 2025.