Nantes Saint-Nazaire Port
est le nom d’usage du Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire. Il a traité 26,4 millions de tonnes en 2025, en hausse de 2,6 %, dont 20 millions à l’import et 6,4 millions à l’export. C’est le premier port de la façade atlantique française.
Sa structure de trafic est très particulière. Deux installations, la raffinerie de Donges et le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne, expliquent à elles seules plus de la moitié des tonnages. Le reste se partage entre conteneurs, roulier, vracs agroalimentaires et colis lourds.
Le port communique beaucoup sur l’éolien en mer, filière dont Saint-Nazaire est le berceau français. Les tonnages racontent autre chose. L’éolien représente 0,2 million de tonnes sur 26,4, soit moins de 1 % du trafic 2025, quand le pétrole brut destiné à Donges pèse 7,6 millions de tonnes à lui seul, en progression de 4,3 %.
Le gaz naturel liquéfié débarqué à Montoir a bondi de 31,6 % pour atteindre 6 millions de tonnes. Ce rebond ne compense pas tout. Le niveau reste environ 26 % en dessous de celui de 2023, année où le terminal avait reçu 114 navires pour 8,1 millions de tonnes, au plus fort de la reconfiguration énergétique européenne.
Le mouvement de fond est donc lent. La part des énergies fossiles dans les tonnages du port s’établit autour de 69 % en 2025, contre environ 70 % en 2019 : la transition est engagée dans les projets, elle n’a pas encore basculé dans les statistiques de trafic.
26,4 M Tonnes traitées en 2025 | 7,6 M Tonnes de brut pour Donges | 6 M Tonnes de GNL à Montoir | 120 000 Conteneurs EVP en 2025 |
Trafics de l’exercice 2025, publiés par le port le 9 janvier 2026. Attention à un piège fréquent : le chiffre de 28 700 salariés qui circule ne désigne pas les effectifs du port mais l’ensemble du complexe industrialo-portuaire sur 54 communes, au millésime 2021.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, marque commerciale Nantes Saint-Nazaire Port, SIREN 775 604 853, établissement public national à caractère industriel et commercial doté d’un comptable public, code NAF 52.22Z |
| Siège | 18 quai Ernest Renaud, 44300 Nantes, en Loire-Atlantique. Adresse postale 18 quai Ernest Renaud, BP 18609, 44186 Nantes Cedex 4. Trois établissements enregistrés, dont deux ouverts |
| Statut actuel | Régime de grand port maritime issu de la réforme portuaire, activité sous ce statut depuis le 1er janvier 2008. Catégorie entreprise de taille intermédiaire au millésime 2023 |
| Effectif | 500 à 999 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023, pour l’établissement public seul |
| Direction | Michel Puyrazat, président du directoire, donnée du registre national des entreprises mise à jour en août 2024 |
| Trafic 2025 | 26,4 Mt, en hausse de 2,6 %, dont 20 Mt à l’import et 6,4 Mt à l’export. Pour mémoire, 28,4 Mt en 2023 |
| Pétrole brut | 7,6 Mt en 2025, en hausse de 4,3 %, à destination de la raffinerie TotalEnergies de Donges, soit 28,8 % du trafic total du port |
| Gaz naturel liquéfié | 6 Mt en 2025, en hausse de 31,6 %, contre 8,1 Mt et 114 navires en 2023 |
| Conteneurs | 120 000 EVP et 1,2 Mt en 2025, en recul de 10,6 % en boîtes et de 9,2 % en tonnage |
| Roulier | 0,4 Mt en 2025, en recul de 1,9 %, pour 95 832 véhicules, en baisse de 14,3 % |
| Éolien en mer | 0,2 Mt en 2025, soit 0,76 % du trafic total, malgré la place centrale de cette filière dans la communication du port |
| Complexe industrialo-portuaire | 28 700 salariés sur 54 communes, dont 36 % dans des activités maritimes. Étude INSEE conduite avec le port, publiée le 19 septembre 2024, sur données 2021 |
| Rôle | Le port est gestionnaire du domaine et des infrastructures. La raffinerie de Donges, le terminal méthanier de Montoir et les manutentionnaires sont des entreprises distinctes |
Le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne est exploité par Elengy, filiale de GRTgaz. C’est la seule installation de regazéification de la façade atlantique française, et la plus importante du parc d’Elengy devant Fos-Cavaou.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Capacité de regazéification | 10 milliards de mètres cubes par an, soit 123 térawattheures |
| Stockage | Trois réservoirs pour 360 000 mètres cubes de gaz liquéfié |
| Navires accueillis | Jusqu’à 267 000 mètres cubes de capacité |
| Emprise et mise en service | 73 hectares, en service depuis 1980 |
| Souscription des capacités | Intégralement souscrites de 2024 à 2035, selon la délibération 2025-07 de la Commission de régulation de l’énergie du 9 janvier 2025 |
Le port ne met jamais cette dernière ligne en avant, et elle est pourtant décisive. Onze années de capacité déjà vendues signifient qu’aucun nouvel entrant ne peut réserver de créneau de déchargement à Montoir avant 2035, sauf marché secondaire.
Industriels de l’énergie, du raffinage et de la chimie, qui trouvent ici la seule entrée méthanière de la façade atlantique.
Chargeurs de l’Ouest, de la Bretagne aux Pays de la Loire, cherchant une alternative maritime aux ports de la Manche.
Filières agroalimentaires et céréalières régionales, historiquement présentes sur les vracs.
Porteurs de projets éoliens en mer, pour lesquels le port investit plus de 200 M EUR dans un quai dédié.
Débarquer un vrac liquide énergétique au plus près d’une raffinerie ou d’un réseau de transport de gaz.
Expédier ou recevoir un conteneur sans remonter jusqu’au Havre, sur des volumes qui restent modérés.
Faire transiter un colis lourd ou une pièce d’éolienne, segment où les quais nazairiens ont peu d’équivalents en France.
Approcher un marché régional dense sans arbitrage systématique vers la route longue distance.
Un port dont deux installations industrielles font plus de la moitié des tonnages ne se comporte pas comme un port de transit. Sa capacité de traitement, ses services et ses cadences sont dimensionnés d’abord pour ces flux captifs, ce qui laisse moins de marge d’adaptation aux trafics diffus.
Concrètement, un chargeur conteneurisé arrive sur un site où les 120 000 EVP annuels ne justifient ni la fréquence de touchées ni la profondeur de services d’un grand hub. Les fréquences sont plus rares, les correspondances moins nombreuses, et un aléa se rattrape moins facilement.
Le raisonnement s’inverse pour les colis lourds. Là, la présence des chantiers navals, des équipementiers éoliens et de quais conçus pour les charges exceptionnelles crée un écosystème que peu de ports français savent reproduire.
Une vigilance s’impose enfin sur le calendrier. Le projet stratégique 2021-2026 arrive à échéance et aucun successeur n’a été rendu public : les orientations de moyen terme du port sont donc à confirmer auprès de lui avant tout engagement.
Le premier port de la façade atlantique. Vingt-six virgule quatre millions de tonnes en 2025, en croissance de 2,6 %, devant La Rochelle et Bordeaux réunis.
La seule porte méthanière de l’Atlantique français. Dix milliards de mètres cubes de capacité annuelle de regazéification, soit cent vingt-trois térawattheures, dans un pays où la sécurité d’approvisionnement gazier est redevenue un sujet stratégique.
Un ancrage industriel rare. La raffinerie de Donges et le terminal de Montoir garantissent au port un socle de tonnages que les cycles conteneurisés ne font pas vaciller.
Un pôle colis lourds et éolien sans équivalent. Saint-Nazaire a accueilli le premier parc éolien en mer français, et le port engage plus de deux cents millions d’euros pour un quai dédié à cette filière.
Un poids territorial considérable. Vingt-huit mille sept cents salariés dans le complexe industrialo-portuaire sur cinquante-quatre communes, dont plus d’un tiers dans des activités strictement maritimes.
Une capacité gazière verrouillée. Le terminal de Montoir est souscrit jusqu’en 2035 : c’est une contrainte pour les nouveaux entrants, c’est aussi la preuve d’un actif dont la valeur est reconnue par le marché sur onze ans.