Guadeloupe Port Caraïbes
est la marque commerciale du Grand port maritime de la Guadeloupe. Il a traité 3 431 962 tonnes de marchandises en 2025, en hausse de 2 %, et 206 844 conteneurs équivalent vingt pieds, en progression de 2,2 %.
Il exploite cinq sites répartis sur l’archipel : Jarry à Baie-Mahault, qui concentre l’activité conteneurisée, Pointe-à-Pitre, Basse-Terre, Folle-Anse à Marie-Galante et la marina de Bas-du-Fort. Le port revendique 95 % des échanges de marchandises du territoire.
Il faut le dire clairement, parce que c’est documenté et parce que cela éclaire tout le reste. Le grand projet de port, lancé après l’élargissement du canal de Panama, visait 700 000 EVP annuels. Le port en traite 206 844 en 2025, soit moins qu’en 2012, où il en manutentionnait 211 871.
Le transbordement lui-même, coeur du pari, atteint 40 019 EVP en 2025. C’est certes 12,6 % de plus que l’année précédente, mais c’est nettement en dessous du pic de 61 018 EVP de 2021, et le port l’écrit lui-même : ces résultats restent en deçà de ceux du début des années 2020.
Deux institutions l’avaient anticipé. Dès 2013, l’Autorité environnementale relevait qu’aucun élément du dossier ne permettait de savoir si une telle augmentation de trafic était justifiée, et qu’aucune étude socio-économique n’avait été produite. En janvier 2021, la Cour des comptes titrait un chapitre entier sur des ambitions de transbordement impossibles à réaliser en l’état, faute de marché domestique suffisant et d’avantage compétitif face aux hubs caribéens existants.
3,43 M Tonnes de marchandises en 2025 | 206 844 Conteneurs EVP en 2025 | 37,3 % Des conteneurs repartent vides | 336 272 Croisiéristes en 2025 |
Les compteurs de la page d’accueil du port affichent 3,1 Mt pour 2025 quand son propre bilan définitif donne 3 431 962 tonnes. Ce sont les chiffres du bilan qui font foi. De même, les données de presse publiées en janvier sont provisoires et diffèrent des définitifs.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Grand port maritime de la Guadeloupe, sigle GPMG, marque Guadeloupe Port Caraïbes, SIREN 794 538 520, établissement public national à caractère industriel et commercial doté d’un comptable public, code NAF 52.22Z |
| Siège | Quai Ferdinand de Lesseps, BP 485, 97110 Pointe-à-Pitre. Un seul établissement |
| Création | Créé le 1er janvier 2013, en application de la loi du 22 février 2012 et du décret du 1er octobre 2012. L’ancienne structure Port autonome de la Guadeloupe, SIREN 313 402 455, figure encore dans certains annuaires : ce n’est pas la bonne entité |
| Effectif | 100 à 199 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023. Le rapport d’activité fait état de 146 équivalents temps plein au 31 décembre 2023 |
| Direction | Jean-Pierre Chalus, président du directoire |
| Trafic marchandises | 3 431 962 tonnes en 2025, en hausse de 2 %, après 3 365 561 tonnes en 2024. Pour mémoire, 4,2 Mt en 2021 et 3,5 Mt en 2023 |
| Conteneurs | 206 844 EVP en 2025, en hausse de 2,2 %, après 202 421 EVP en 2024, plus bas niveau depuis 2019. Le port traitait déjà 211 871 EVP en 2012 |
| Transbordement | 40 019 EVP en 2025, en hausse de 12,6 %, après 35 528 EVP en 2024. Le pic reste celui de 2021, à 61 018 EVP |
| Conteneurs vides | 77 164 EVP en 2025, en hausse de 8,8 %, soit 37,3 % du trafic conteneurisé total |
| Passagers | 1 108 416 passagers en 2025, en recul de 2,8 %. Croisière 336 272 en hausse de 3,1 %, inter-îles 125 961 en baisse de 10,1 %, dessertes de l’archipel 646 183 en baisse de 4,2 % |
| Sites portuaires | Jarry à Baie-Mahault, Pointe-à-Pitre avec la gare maritime de Bergevin, Basse-Terre, Folle-Anse à Marie-Galante et la marina de Bas-du-Fort |
| Accès nautique | 13,70 mètres de tirant d’eau à Jarry, ce qui autorise les navires overpanamax. 9 mètres à Folle-Anse |
| Grand projet de port | 32,35 M EUR pour la première phase et 54,92 M EUR pour la seconde, selon la Cour des comptes en janvier 2021, dont 18 puis 28,4 M EUR financés par emprunt et autofinancement, les concours de l’État et de la Région ayant été en retrait. Le programme annoncé en 2013 était de l’ordre de 200 M EUR |
| Programme en cours | Modernisation du terminal de Jarry chiffrée à 180 M EUR au 17 février 2025, dont 135 M EUR publics et 45 M EUR privés. L’extension du quai 12 représente 120 mètres sur 45 pour 42 M EUR hors taxes |
| Investissement 2023 | 18,4 M EUR engagés sur l’exercice |
Si le hub caribéen n’a pas pris, autre chose s’est solidement installé. Guadeloupe Port Caraïbes est le point d’entrée quasi exclusif d’un archipel de près de quatre cent mille habitants, et il le revendique lui-même à hauteur de 95 % des échanges de marchandises.
La signature de cette position se lit dans un seul indicateur : les boîtes vides. Soixante-dix-sept mille cent soixante-quatre EVP sont repartis vides en 2025, en hausse de 8,8 %, soit plus de trente-sept pour cent du trafic conteneurisé. Un territoire qui importe massivement et exporte peu paie deux fois le transport, une fois pour la marchandise entrante et une fois pour le retour à vide.
Trois périmètres de coût circulent et ne doivent jamais être confondus : environ 200 M EUR annoncés pour le programme de 2013, 87,27 M EUR de phases effectivement financées selon la Cour des comptes, et 180 M EUR pour le programme de modernisation en cours depuis 2025. Le rang de cinquième port français pour les conteneurs, parfois repris, date de 2012.
Importateurs et distributeurs approvisionnant la Guadeloupe et les îles du Sud, pour qui ce port est la voie d’entrée principale.
Armateurs et commissionnaires cherchant une escale caribéenne dotée d’un terminal overpanamax.
Opérateurs de croisière, sur le seul segment passagers qui progresse.
Filières agricoles et agroalimentaires exportatrices de l’archipel, notamment depuis Folle-Anse à Marie-Galante.
Livrer un marché insulaire dépendant à plus de neuf dixièmes du fret maritime pour son approvisionnement.
Accueillir un navire de grande taille grâce aux 13,70 mètres de tirant d’eau disponibles à Jarry.
Organiser une desserte inter-îles ou une redistribution régionale à partir d’une escale déjà programmée.
Valoriser un fret retour, dans un contexte où plus d’un tiers des conteneurs repartent vides.
Trente-sept pour cent de conteneurs vides ne relèvent pas d’une mauvaise organisation portuaire. C’est la conséquence arithmétique d’une économie qui importe presque tout et n’exporte que peu de volume pondéreux.
Pour un chargeur, cela se traduit d’abord dans les taux. Un armateur qui sait que sa boîte reviendra vide facture cette asymétrie dans le prix aller, et le coût du transport pèse donc plus lourd dans le prix final qu’il ne le ferait sur une relation équilibrée. C’est un mécanisme structurel, pas une anomalie négociable au coup par coup.
Cela ouvre en revanche une opportunité réelle pour qui a du fret retour à proposer. Toute marchandise sortante trouve une capacité disponible et souvent un tarif attractif, ce qui rend les projets d’exportation locale économiquement plus viables qu’ils ne le paraissent au premier abord.
Un mot de prudence pour finir sur les chiffres d’emploi. Le site du port avance douze pour cent des emplois locaux, quand son propre rapport d’activité 2023 cite l’INSEE pour 2 300 salariés, soit 1,9 % de l’emploi salarié en 2020. Ces deux valeurs ne mesurent pas la même chose et la seconde est la mieux sourcée.
Un réseau de cinq sites sur l’archipel. Jarry, Pointe-à-Pitre, Basse-Terre, Folle-Anse à Marie-Galante et la marina de Bas-du-Fort, ce qui permet de desservir les îles du Sud sans reprise routière.
Un terminal capable d’accueillir les grands navires. Treize virgule soixante-dix mètres de tirant d’eau à Jarry, seuil overpanamax effectivement atteint grâce aux travaux réalisés.
Une croissance retrouvée sur les deux indicateurs principaux. Trois virgule quarante-trois millions de tonnes et deux cent six mille huit cent quarante-quatre EVP en 2025, en hausse respectivement de deux et de deux virgule deux pour cent.
Un transbordement qui repart. Quarante mille dix-neuf EVP en 2025, en progression de douze virgule six pour cent, ce qui montre que le segment n’est pas mort même s’il reste loin des ambitions initiales.
Une activité croisière solide. Trois cent trente-six mille deux cent soixante-douze croisiéristes en 2025, en hausse de trois virgule un pour cent, dans un marché caribéen très disputé.
Un programme de modernisation crédible. Cent quatre-vingts millions d’euros engagés sur le terminal de Jarry, dont quarante-cinq millions apportés par des acteurs privés, ce qui vaut signal de confiance.