Port Réunion
est la marque du Grand port maritime de La Réunion. Il a traité 6,095 millions de tonnes en 2025, en hausse de 4 %, ce qui constitue un record historique pour l’établissement. Il a manutentionné 370 433 conteneurs équivalent vingt pieds la même année.
Sa singularité n’est pas dans ces volumes, elle est dans ce qu’ils représentent pour un territoire. Plus de 98 % des marchandises importées ou exportées à La Réunion passent par ce port, et par lui seul. Il n’existe aucune alternative, ni terrestre ni portuaire.
Les deux courbes divergent en 2025, et c’est le fait le plus intéressant de l’exercice. Le tonnage progresse de 4 % quand le trafic conteneurisé recule de 1,7 %, à 370 433 EVP contre 376 799 l’année précédente. La croissance vient donc des vracs et de la consommation locale, pas de l’activité de hub.
Le transbordement, précisément, se dégonfle. Il avait bondi de 64 % en 2024, à 114 701 EVP, pour deux raisons extérieures que le port a lui-même reconnues : le déroutement des navires par le cap de Bonne-Espérance après la crise en mer Rouge, et la panne de trois portiques sur six à Port-Louis, à Maurice. En 2025, il retombe de 6 %, à 108 120 EVP. L’aubaine ne s’est pas transformée en position acquise.
Reste que le rang est solide. Avec 376 799 EVP en 2024, Port Réunion était le quatrième port à conteneurs français, derrière Le Havre, Marseille-Fos et Dunkerque, et le premier de l’outre-mer avec près du double du volume guadeloupéen.
6,095 M Tonnes en 2025, record du port | 370 433 Conteneurs EVP en 2025 | 98 % Des marchandises de l’île y passent | 5 700 Emplois du complexe portuaire |
Précision de périmètre indispensable : un conteneur transbordé est compté à l’entrée puis à la sortie. Sur les 370 433 EVP de 2025, 108 120 relèvent du transbordement et 262 313 de l’import-export réel de l’île.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Grand port maritime de La Réunion, sigle GPMDLR, marque Port Réunion, SIREN 789 401 858, établissement public national à caractère industriel et commercial doté d’un comptable public, code NAF 52.22Z |
| Siège | 2 rue Évariste de Parny, 97420 Le Port. Adresse postale rue Évariste de Parny, BP 18, 97821 Le Port Cedex. Un seul établissement |
| Création | Créé par décret du 1er octobre 2012, en application de la loi du 22 février 2012 sur la réforme des ports d’outre-mer. Immatriculation au 1er janvier 2013 |
| Effectif | 250 à 499 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023. Le rapport d’activité 2025 fait état de 288,61 équivalents temps plein moyens |
| Direction | Julien Dujardin, président du directoire. Gilles Ham-Chou-Chong, directeur général adjoint |
| Trafic 2025 | 6,095 Mt, en hausse de 4 %, record historique. Toutes les statistiques du port sont publiées hors chantier de la nouvelle route du littoral |
| Conteneurs 2025 | 370 433 EVP, en baisse de 1,7 %, dont 108 120 de transbordement en recul de 6 % et 262 313 d’import-export |
| Conteneurs 2024 | 376 799 EVP dont 114 701 de transbordement, en hausse de 64 %, pour un trafic total de 5 882 667 tonnes hors nouvelle route du littoral |
| Rang national | Quatrième port à conteneurs français en 2024, derrière Le Havre à 3,05 millions d’EVP, Marseille-Fos à 1,4 million et Dunkerque à 653 000. Premier port à conteneurs de l’outre-mer |
| Dépendance de l’île | Plus de 98 % des marchandises importées ou exportées à La Réunion transitent par le port, selon son projet stratégique 2024-2028 |
| Terminal à conteneurs | 19 hectares, 640 mètres de quai, six portiques, 264 prises pour conteneurs frigorifiques, navires accueillis jusqu’à 9 000 EVP. Record d’escale le 29 août 2019 avec le MSC Madhu B, 12 236 EVP et 14,40 mètres de tirant d’eau |
| Les deux sites | Port Est, ouvert en 1986, concentre plus de 95 % du tonnage. Port Ouest, en service depuis 1886, accueille le sucre, la pêche, la plaisance et la réparation navale |
| Transition énergétique | Le charbon et les fiouls lourds sont tombés à zéro tonne depuis 2024, contre respectivement 230 685 et 133 634 tonnes en 2023, remplacés par des pellets de bois et de la biomasse liquide |
| Poids économique | 5 700 emplois salariés et 571,3 M EUR de valeur ajoutée pour le complexe industrialo-portuaire, soit 2,1 % de l’emploi salarié et 3 % du produit intérieur brut de l’île. Étude INSEE publiée en 2023, sur données au 31 décembre 2019 |
Le transbordement est le segment sur lequel Port Réunion se compare à Port-Louis, à Maurice, et c’est celui dont la trajectoire mérite le plus d’attention. Il a gagné 64 % en 2024. Il en a reperdu 6 % en 2025.
Les deux causes de la poussée de 2024 étaient extérieures et temporaires. La crise en mer Rouge a envoyé des navires par le cap de Bonne-Espérance, ce qui rapprochait mécaniquement La Réunion des routes est-ouest, et Port-Louis fonctionnait dans le même temps avec trois portiques sur six. Le port réunionnais a capté ce trafic, ce qui prouve qu’il en a la capacité technique, mais aucune de ces deux conditions n’était durable.
Ne pas comparer les 568 navires annoncés pour 2025 aux 1 101 escales de 2024 : la seconde valeur additionne les entrées et les sorties. Plusieurs pages de présentation du site officiel datent de 2019 et 2020, et leurs rangs affichés doivent être revérifiés avant d’être cités.
Importateurs et distributeurs approvisionnant La Réunion, pour qui ce port est un passage obligé sans alternative.
Exportateurs de la filière sucrière et agroalimentaire réunionnaise, historiquement installés sur Port Ouest.
Armateurs et commissionnaires cherchant un point de transbordement dans le sud-ouest de l’océan Indien.
Chargeurs de vracs énergétiques et de biomasse, segment en pleine recomposition depuis la sortie du charbon.
Livrer un marché insulaire d’un peu plus de huit cent mille habitants, entièrement dépendant du fret maritime.
Traiter un conteneur frigorifique dans un terminal équipé de 264 prises dédiées.
Transborder vers Madagascar, Mayotte ou l’Afrique de l’Est en profitant d’une escale déjà programmée.
Accueillir un navire de grande capacité, le terminal ayant déjà traité un porte-conteneurs de plus de douze mille EVP.
Quand plus de quatre-vingt-dix-huit pour cent des marchandises d’un territoire passent par un seul quai, la logistique change de nature. Il n’y a pas de plan B, pas de report possible sur un port voisin, et toute indisponibilité se transmet immédiatement à l’économie entière de l’île.
Cela impose une discipline particulière aux importateurs. Les stocks de sécurité y sont structurellement plus élevés qu’en métropole, les délais de réapprovisionnement se comptent en semaines de mer et non en jours de route, et un aléa d’escale ne se rattrape pas par une navette routière. Le coût du fret et la disponibilité des créneaux navires deviennent des variables de premier plan dans le prix de vente au consommateur.
Cela crée aussi une exposition cyclonique qu’aucun port métropolitain ne connaît. Une fermeture de quelques jours en pleine saison a des effets en cascade sur les rayons, ce qui explique le niveau d’attention porté localement aux annonces du port.
Une nuance enfin sur les chiffres d’emploi. Les 5 700 postes et les 571,3 millions d’euros de valeur ajoutée souvent cités portent sur l’ensemble du complexe industrialo-portuaire et proviennent d’une étude INSEE établie sur des données de fin 2019. Ils ne décrivent ni l’effectif du port, qui tourne autour de 289 équivalents temps plein, ni la situation actuelle.
Le premier port à conteneurs de l’outre-mer français. Trois cent soixante-dix mille quatre cent trente-trois EVP en 2025, soit près du double du volume guadeloupéen.
Le quatrième rang national sur le conteneur. Derrière Le Havre, Marseille-Fos et Dunkerque seulement, ce qui est remarquable pour un port desservant un territoire de moins d’un million d’habitants.
Un record de tonnage. Six virgule zéro quatre-vingt-quinze millions de tonnes en 2025, en croissance de quatre pour cent, meilleur exercice de son histoire.
Un terminal capable d’accueillir les grands navires. Six cent quarante mètres de quai, six portiques, et une escale déjà réalisée avec un porte-conteneurs de douze mille deux cent trente-six EVP.
Une capacité de transbordement démontrée. Le port a absorbé une hausse de soixante-quatre pour cent en 2024 sans rupture, ce qui prouve que la contrainte n’est pas technique mais commerciale.
Une sortie du charbon effective. Zéro tonne de charbon et zéro tonne de fioul lourd depuis 2024, contre plus de trois cent soixante mille tonnes cumulées un an plus tôt : le port est le vecteur physique de la transition énergétique de l’île.