Medlink Ports
est l’agence de développement de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône. L’association, créée en janvier 2015 et installée à Lyon, fédère quatre ports maritimes, neuf ports fluviaux et trois gestionnaires d’infrastructure sur environ six cents kilomètres, de Fos-sur-Mer et Marseille jusqu’à Pagny en Côte-d’Or.
Précision utile : elle n’exploite aucun port. Ce sont ses membres qui le font. Elle promeut l’axe, conseille les chargeurs, mutualise la présence commerciale et outille le report modal.
Le fait le plus remarquable de ce dossier est que Marseille-Fos, Sète, Port-La Nouvelle et Toulon siègent dans la même association, alors qu’ils se disputent les mêmes escales sur d’autres marchés.
L’explication tient dans la définition du concurrent. Vue depuis l’axe, la concurrence pertinente n’est pas entre ses membres, mais entre le fleuve et la route, et entre le corridor rhodanien et les grands corridors nord-européens. Ce qui se mutualise est donc l’amont du cycle commercial, au moment où un chargeur choisit un mode et un itinéraire, pas encore un terminal. En aval, chacun garde sa politique commerciale.
L’illustration la plus nette de cette logique est la présence de l’association à Breakbulk Rotterdam le 15 juin 2026, c’est-à-dire vendre l’axe rhodanien depuis le port du corridor concurrent.
16 Membres : 4 maritimes, 9 fluviaux, 3 gestionnaires | 600 km d’axe, de la Méditerranée à la Bourgogne | 4,5 M Tonnes de fret fluvial sur le bassin en 2025 | 225 000 Camions évités en 2025 |
Les données de trafic fluvial sont publiées par Voies navigables de France au titre de 2025, en progression de 8 % sur un an, pour 917 millions de tonnes-kilomètres. Elles portent sur le bassin Rhône-Saône, pas sur les seuls membres de l’association.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Association Agence de développement Medlink Ports, association déclarée, numéro au répertoire national des associations W691087573 |
| SIREN | 810 488 932, association créée le 20 janvier 2015, code NAF 94.99Z |
| Siège | 2 rue de la Quarantaine, 69005 Lyon, dans le Rhône. L’adresse précédente, rue Jonas Salk, a été fermée le 30 juin 2025 |
| Effectif | 1 à 2 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023. Trois permanents sont affichés en 2026 |
| Statut | Structure de l’économie sociale et solidaire |
| Présidence | Sarah Amri, directrice des finances, de la stratégie et des systèmes d’information et membre du directoire du Port de Marseille Fos, élue en assemblée générale le 23 juin 2026. Elle succède à Thomas San Marco, de la Compagnie nationale du Rhône, lui-même précédé de Laurence Borie-Bancel |
| Vice-présidences | Pascal Gautheron pour la CCI Bourgogne Métropole, Béatrice Leloup pour SNCF Réseau, Pierre Meffre pour la Compagnie nationale du Rhône et Jean-Marc Thomas pour Rhenus France |
| Équipe | Mathieu Gleizes, délégué général. Audrey Portefaix, déléguée générale adjointe. Laurène Thérisod, cheffe de projet logistique |
| Fonctionnement | Bureau de neuf membres, comité opérationnel réuni toutes les six semaines, assemblée générale annuelle. La présidence tourne entre les organismes membres |
| Tutelle de bassin | L’association travaille sous l’égide du préfet coordonnateur du bassin Rhône-Méditerranée, selon Voies navigables de France |
| Membres institutionnels | Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que des métropoles. L’association annonce par ailleurs plus de quatre-vingts partenaires |
| Trafic maritime de tête d’axe | Le port de Marseille Fos a traité 74 millions de tonnes en 2025, en hausse de 5 %, dont 1,45 million de conteneurs, avec une part modale de 16 % pour le fer et 5 % pour le fleuve sur les pré et post-acheminements |
| Potentiel fluvial annoncé | La capacité fluviale de l’axe est estimée à 400 000 conteneurs par an pour un usage d’environ 100 000, et l’objectif énoncé est de porter le trafic de l’ordre de 5 à 20 millions de tonnes par an. Déclarations du délégué général en septembre 2024 |
| Marque déposée | La marque Hub France a été déposée le 7 février 2025 |
| Partenariat récent | Accord signé le 3 juillet 2026 avec la STMRA. Membre du Pôle Mer Méditerranée |
| Catégorie | Membres | Ce qu’ils apportent à l’axe |
|---|---|---|
| Ports maritimes | Marseille-Fos, Sète, Port-La Nouvelle, Port de la rade de Toulon | Les portes maritimes de l’axe, où la marchandise entre et sort du corridor. Toulon a rejoint l’association après sa création |
| Ports fluviaux du Rhône aval | Arles, Avignon Le Pontet exploité par la CCI de Vaucluse, Portes-lès-Valence et Vienne Sud Salaise-Sablons exploités par Rhône Modal Shift | Les points de massification entre Fos et Lyon, où le conteneur passe du fleuve à la route pour la desserte finale |
| Ports fluviaux lyonnais et Saône | Lyon Rhône Terminal, Villefranche-sur-Saône PK41, Mâcon, Chalon-sur-Saône et Pagny, ces trois derniers exploités par Aproport | La remontée vers la Bourgogne et le raccordement au bassin de consommation lyonnais, premier marché intérieur de l’axe |
| Gestionnaires d’infrastructure | Voies navigables de France pour le réseau fluvial, la Compagnie nationale du Rhône pour l’aménagement du fleuve, SNCF Réseau pour le ferroviaire | Ce sont eux qui conditionnent la capacité réelle de l’axe : tirant d’eau, écluses, sillons ferroviaires, embranchements |
| Collectivités | Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, métropoles | Le financement des aménagements et l’inscription de l’axe dans les schémas régionaux |
Une nuance de lecture importante : cinq des neuf ports fluviaux relèvent de deux exploitants seulement, Aproport et Rhône Modal Shift. Le nombre de sites ne doit pas être confondu avec le nombre d’opérateurs.
Chargeurs industriels de la vallée du Rhône et de la région lyonnaise dont les flux passent par Fos ou Marseille.
Importateurs et exportateurs qui cherchent une alternative aux corridors nord-européens pour leurs conteneurs.
Prestataires logistiques et commissionnaires qui construisent une offre multimodale sur l’axe.
Entreprises soumises à un objectif de décarbonation devant démontrer un report modal mesuré, pas seulement annoncé.
Faire étudier gratuitement le basculement d’un flux routier vers le fleuve ou le rail, avec un interlocuteur qui n’a aucun terminal à vendre.
Chiffrer l’écart d’émissions entre les modes sur un trajet précis, avec un outil commun aux treize ports.
Identifier les aides mobilisables sur un changement de mode, notamment celles de Voies navigables de France.
Traiter un flux de marchandises dangereuses par la voie d’eau, avec un dispositif dédié.
Le constat est ancien et les chiffres le confirment. La capacité fluviale de l’axe est estimée à quatre cent mille conteneurs par an, l’usage tourne autour de cent mille. Le trafic fluvial du bassin s’est établi à environ 4,5 millions de tonnes en 2025, en progression de 8 %, quand l’objectif énoncé par l’association est de l’ordre de vingt millions.
Les raisons sont connues. Le fleuve impose des ruptures de charge que la route n’a pas, il suppose une massification que beaucoup de flux n’atteignent pas, et sa souplesse horaire ne rivalise pas avec celle du camion. À cela s’ajoute la concurrence des corridors du nord de l’Europe, mieux dotés en volumes et en fréquences.
C’est précisément ce que traite l’association. Le conseil gratuit aux chargeurs, l’écocalculateur, le relais des aides et la prospection commune visent tous le même point : rendre le premier basculement moins coûteux à instruire, puisque c’est là que se perdent la plupart des projets.
Un signe que le sujet progresse : Marseille-Fos affichait en 2025 une part modale de 16 % pour le fer et de 5 % pour le fleuve sur ses pré et post-acheminements, sur un trafic total de 74 millions de tonnes.
Un modèle de mutualisation rare. Quatre ports maritimes concurrents, neuf ports fluviaux et trois gestionnaires d’infrastructure de modes différents siègent dans la même association depuis 2015. Peu de filières françaises ont réussi ce montage.
Un guichet neutre pour le chargeur. L’association n’exploite aucun terminal et ne vend aucune escale, ce qui donne à son conseil une neutralité qu’aucun de ses membres ne peut offrir individuellement.
Une couverture d’axe complète. Six cents kilomètres de la Méditerranée à la Bourgogne, avec les trois gestionnaires d’infrastructure du fleuve, du canal et du rail dans la gouvernance.
Des outils concrets. Écocalculateur, dispositif dédié aux marchandises dangereuses, relais des aides publiques et des certificats d’économie d’énergie : ce sont des livrables, pas des intentions.
Une gouvernance équilibrée par construction. La présidence tourne entre organismes membres, le bureau répartit les collèges, et le comité opérationnel se réunit toutes les six semaines. L’élection de juin 2026 marque le premier basculement documenté de la présidence d’un gestionnaire vers un port maritime.
Une prospection offensive. Porter la marque de l’axe jusqu’au salon de Rotterdam en juin 2026 dit assez que la structure ne se contente pas d’animer ses membres.