Le Cerema
est un établissement public de l’État créé le 1er janvier 2014, par fusion des anciens centres d’études techniques du ministère. Il couvre un champ très large, des ponts au littoral, et emploie entre deux mille et cinq mille personnes réparties sur vingt-sept implantations.
Ce qui le rend utile à un logisticien tient à un domaine précis : c’est lui qui écrit les méthodes et les standards de données de la logistique urbaine en France. Le guide d’enquête sur le transport de marchandises en ville, le format normalisé des arrêtés de circulation, le schéma de données des aires de livraison : tout cela sort de chez lui, et tout est en accès libre.
La loi 3DS du 21 février 2022, complétée par un décret publié au Journal officiel le 17 juin 2022, en a fait le premier établissement public à gouvernance partagée entre l’État et les collectivités territoriales. Les adhérents sont majoritaires au conseil d’administration.
Ce n’est pas qu’une question de représentation. L’adhésion ouvre un régime de quasi-régie, c’est-à-dire la possibilité de contractualiser avec le Cerema sans publicité ni mise en concurrence. La cotisation est plafonnée à 2 000 euros pour une commune ou un groupement, 2 500 euros pour un département et 5 000 euros pour une région.
L’effet se mesure. Le nombre de contrats de quasi-régie est passé de 91 pour 0,9 million d’euros en 2023 à 515 pour 5,7 millions d’euros en 2024, et les adhérents de 634 en mars 2023 à plus de mille fin 2025, pour un objectif de 1 500 en 2027.
278,6 M EUR de budget au 31 décembre 2025 | 12 000 Documents en accès libre sur CeremaDoc | 1 000 Collectivités adhérentes et cogouvernantes | 61 Territoires engagés dans InTerLUD+ |
Ne pas confondre le Cerema avec le service statistique du ministère, le SDES, qui publie l’Atlas des entrepôts et des aires logistiques. Ni avec l’Ademe, qui finance le programme InTerLUD dont le Cerema est l’opérateur.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Raison sociale | Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, sigle Cerema, SIREN 130 018 310, établissement public national à caractère administratif, code NAF 84.13Z |
| Siège | Bâtiment R5, 2 rue Antoine Charial, 69426 Lyon Cedex 03, dans le Rhône. Cinquante-quatre établissements enregistrés, dont quarante-six ouverts |
| Création | 1er janvier 2014, par le décret n° 2013-1273 du 27 décembre 2013, qui a réuni les anciens centres d’études techniques de l’équipement, le Certu, le Cetmef et le Sétra |
| Gouvernance | Premier établissement public à gouvernance partagée État et collectivités, en application de la loi 3DS du 21 février 2022 et d’un décret publié au Journal officiel le 17 juin 2022. Les adhérents sont majoritaires au conseil d’administration |
| Effectif | 2 000 à 4 999 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023. La trajectoire réelle passe de 3 093 équivalents temps plein travaillé en 2014 à 2 426 sous plafond en 2024, soit un recul de 668 postes ou 18 % |
| Direction | Étienne Crépon, directeur général nommé par décret du 25 juin 2026, ancien président du Centre scientifique et technique du bâtiment. Il succède à Pascal Berteaud, en poste de 2018 à 2026. Marie-Claude Jarrot préside le conseil d’administration |
| Budget | 278,6 M EUR au 31 décembre 2025. La subvention pour charges de service public passe d’environ 217 M EUR en 2014 à environ 180 M EUR en 2025, soit un recul de 18 % |
| Ressources propres | Environ 30 M EUR en 2017 et environ 60 M EUR en 2024, soit un doublement en sept ans |
| Quasi-régie | 91 contrats pour 0,9 M EUR en 2023, puis 515 contrats pour 5,7 M EUR en 2024. Le régime permet de contractualiser sans publicité ni mise en concurrence |
| Adhésion | 634 adhérents en mars 2023, 1 013 en mai 2025, plus de mille au 31 décembre 2025, pour un objectif de 1 500 en 2027. Cotisation de 0,05 EUR par habitant, plancher de 500 EUR et plafond de 2 000 EUR pour les communes et groupements, 2 500 EUR pour un département, 5 000 EUR pour une région |
| Production 2024 | 155 projets de recherche dont 52 européens, 81 publications de rang A, 400 000 téléchargements, 6 millions de visites et 18 000 membres sur la plateforme Expertises Territoires. Rapport d’activité publié le 18 juin 2025 |
| Ressources ouvertes | Plus de 12 000 documents en accès libre sur CeremaDoc, sous licence ouverte, ainsi que 27 implantations et 12 équipes de recherche au 31 décembre 2025 |
Voici la partie du catalogue qui intéresse directement un logisticien, un transporteur du dernier kilomètre ou une collectivité qui construit sa politique de livraison. Tout est téléchargeable gratuitement.
| Date | Publication ou outil | À quoi cela sert |
|---|---|---|
| 2013 | Transport de marchandises en ville, quels enjeux pour les collectivités | Fiche de cadrage de douze pages, bonne porte d’entrée sur le sujet |
| 2015 | La logistique urbaine, connaître et agir | Ouvrage de référence de 204 pages, le socle du corpus |
| 2017 | L’enquête transport de marchandises en ville, guide méthodologique | La pièce maîtresse : comment mesurer réellement les flux de livraison sur un territoire |
| 2020 à 2022 | Standard de données des arrêtés de circulation pour le transport de marchandises en ville | Format normalisé publié sur schema.data.gouv.fr, avec la Région Sud, OpenDataFrance et Etalab |
| Mars 2023 | Les clés du référent logistique urbaine durable, deuxième édition | Guide opérationnel, accompagné de l’outil ZFE.Green et du jeu Vis ma livraison |
| 27 novembre 2024 | Sept fiches Logistique urbaine et ZFE-m | Retours d’expérience de six métropoles : Strasbourg, Aix-Marseille-Provence, Rouen, Grand Paris, Lyon et Grenoble |
| 2025 | Schéma de données Aires de livraison, version 1.0.0 | Issu du projet DigiLog, il normalise la description des aires pour l’ouverture des données |
| 2025 | Identification et caractérisation du foncier et de l’immobilier logistiques | Étude de cinquante pages commandée par la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités |
| 30 mars 2026 | Aires de livraison, vers une meilleure organisation | Les 61 collectivités du programme InTerLUD+ ont toutes identifié des dysfonctionnements sur leurs aires |
Attention au millésime de certaines statistiques très citées sur l’usage des aires de livraison, notamment la part du temps où une aire est réellement occupée par un livreur. Ces chiffres proviennent d’observations conduites à Paris en 2004 et à Toulouse en 2011, publiées en 2014. Ils restent éclairants, mais ils doivent toujours être datés.
Collectivités et intercommunalités construisant une politique de logistique urbaine ou une zone à faibles émissions.
Transporteurs et opérateurs du dernier kilomètre confrontés à des réglementations locales de livraison hétérogènes.
Bureaux d’études et consultants en mobilité, qui trouvent ici la méthode de référence pour mesurer les flux.
Aménageurs et porteurs de projets immobiliers logistiques cherchant des données publiques sur le foncier.
Conduire une enquête sur le transport de marchandises en ville selon une méthodologie reconnue et comparable.
Publier ou exploiter des données d’arrêtés de circulation et d’aires de livraison dans un format normalisé.
S’appuyer sur des retours d’expérience datés de six métropoles avant de trancher sur une zone à faibles émissions.
Mobiliser une expertise publique sans procédure de marché, quand on est une collectivité adhérente.
Le problème du transporteur urbain, et de tout chargeur qui livre en ville, n’est pas l’absence de règles, c’est leur dispersion. Chaque commune fixe ses horaires de livraison, ses tonnages autorisés, ses zones et ses dérogations, et ces informations vivent dans des arrêtés municipaux au format papier ou en fichier isolé.
Un standard de données change la nature du problème. Quand des centaines de communes décrivent leurs arrêtés dans un schéma commun publié sur le portail national, il devient techniquement possible d’alimenter un logiciel d’optimisation de tournées avec les contraintes réglementaires réelles du territoire, au lieu de les ressaisir à la main ou de les ignorer.
Le même raisonnement vaut pour les aires de livraison, dont le schéma a été publié en 2025. Savoir où sont les aires, combien elles font et quand elles sont utilisables est la condition d’une planification de tournée qui tienne la route en ville.
Une réserve honnête pour finir. Ces standards existent, ils sont récents, et leur adoption réelle par les collectivités reste à démontrer commune par commune. Le Cerema fournit le cadre, il ne remplit pas les bases de données à la place des territoires.
Un corpus méthodologique gratuit et sans équivalent. Plus de douze mille documents en accès libre, dont l’ouvrage de référence sur la logistique urbaine et le guide d’enquête sur le transport de marchandises en ville.
Le rôle de normalisateur des données. Le format des arrêtés de circulation puis celui des aires de livraison sont publiés sur le portail national des standards, ce qui les rend exploitables par n’importe quel outil.
Un accès contractuel simplifié pour les collectivités. La quasi-régie permet de mobiliser l’établissement sans publicité ni mise en concurrence, pour une cotisation plafonnée à deux mille euros.
Une adhésion en forte croissance. De six cent trente-quatre collectivités en mars 2023 à plus de mille fin 2025, avec un objectif de mille cinq cents en 2027.
Un programme de terrain actif. InTerLUD+, agréé en janvier 2023 pour quatre ans, rassemblait soixante et un territoires en 2025 et produit des retours d’expérience datés.
Une adaptation réussie à la contrainte budgétaire. Six cent soixante-huit postes en moins depuis 2014 et une subvention d’État en repli de dix-huit pour cent, compensés par un doublement des ressources propres entre 2017 et 2024.