Le processus, tout le monde en parle…
… mais saurait-on pour autant facilement en donner une définition simple et concise ? Blogistics se lance pour vous : un processus est une série d’étapes, organisées dans le temps, qui s’enchaînent pour atteindre un objectif. Et avec un peu plus de profondeur : un processus est l’enchaînement d’activités transversales, reproductibles et mesurables, interreliées logiquement, orientées vers les besoins des clients (internes, externes), produisant un résultat déterminé et créant de la valeur par rapport au but de l’entreprise et des clients.

Dans une entreprise, les processus structurent la production, la vente ou n’importe quelle autre finalité opérationnelle, et la Supply Chain bien entendu. C’est d’ailleurs un prérequis indispensable pour toute Supply Chain performante, ou en quête de l’être : savoir décrire le processus sur lequel on travaille, et l’ajuster en permanence. Les processus sont nombreux et structurants. Le processus de production, par exemple, consiste à transformer des matières premières en produits finis ; celui de la gestion des stocks consiste à suivre les niveaux de stock et à s’assurer que les produits restent disponibles pour les clients.
Le processus Supply Chain se distingue par sa complexité.
Il doit en effet coordonner plusieurs processus pour nourrir celui de la Supply Chain : cette coordination demande de grandes qualités d’ensemblier pour faire cohabiter les processus d’approvisionnement, de production, de stockage, de distribution et de service clients. Bien définis, les processus améliorent l’efficacité et la productivité de l’entreprise. Ils apportent notamment :
- l’amélioration et la compréhension de son propre fonctionnement
- l’identification des inefficacités
- la documentation de l’organisation pour faciliter la communication et la collaboration
- l’automatisation des étapes
- la meilleure maîtrise des risques
- la qualification des produits et des services
- la réduction des coûts
Difficile de ne pas vouloir capitaliser sur ces bénéfices. Reste une chose à garder à l’esprit, une citation de Frank Herbert pourtant pas écrite pour l’entreprise, mais qui invite à l’observation complète sur le terrain :
On ne peut comprendre un processus en l’interrompant. La compréhension doit rejoindre le cheminement du processus et cheminer avec lui

Incarner les processus
Pour les rendre visibles, il existe de nombreux outils ou méthodes. La notation BPMN (Business Process Model and Notation) est une notation graphique standardisée qui permet de représenter les processus métiers sous forme de diagrammes. L’American National Standards Institute (ANSI) propose des symboles de base à maîtriser pour bien visualiser et formaliser les processus. Sur cette base ANSI, on trouve des diagrammes en flux simple ou en flux fonctionnel.
Diagrammes spaghetti, heat-maps, cartes de cheminement ou VSM peuvent aussi parfaitement remplir ce rôle de visualisation. Plus récemment, le process mining est venu compléter ces méthodes manuelles : à partir des traces numériques laissées par vos systèmes (ERP, WMS), il reconstruit automatiquement le déroulé réel d’un processus, sans dépendre uniquement de l’observation terrain.
L’important reste la présence sur le terrain, l’observation, et la capacité à consolider les données collectées sur un support adapté à la culture et à la maturité de l’entreprise. Un processus doit être clair, mais également perçu comme tel par tous les acteurs qui y participent.
L’œil de l’expert
Évaluer ses propres processus se heurte souvent au même biais : on connaît trop bien le sujet pour voir ce qui a changé, ou ce qui ne fonctionne plus vraiment. Un regard extérieur, formé à l’observation terrain et aux méthodes de cartographie, repère en quelques heures/jours des points de friction que l’équipe ne voit plus depuis longtemps. Ce n’est pas un jugement sur le travail effectué, c’est un changement de focale.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qui distingue un processus d’une simple procédure ?
Une procédure décrit comment exécuter une tâche donnée. Un processus décrit l’enchaînement de plusieurs activités qui, ensemble, produisent un résultat et créent de la valeur pour un client interne ou externe. Une Supply Chain combine de nombreux processus (approvisionnement, production, stockage, distribution) qui doivent rester cohérents entre eux.
Faut-il forcément utiliser la notation BPMN pour cartographier ses processus ?
Non. BPMN est une notation standardisée utile quand plusieurs équipes ou systèmes doivent partager une même représentation, mais un diagramme spaghetti, une heat-map ou un VSM suffisent souvent pour un premier diagnostic. Le bon outil est celui que l’équipe s’approprie et utilise réellement.
Quelle est la différence entre le VSM et le process mining ?
Le VSM part de l’observation terrain pour cartographier un processus à un instant donné. Le process mining reconstruit automatiquement le déroulé réel d’un processus à partir des traces numériques laissées dans l’ERP ou le WMS. Les deux approches sont complémentaires : l’une capture le contexte humain, l’autre la donnée factuelle.
Comment savoir si un processus est correctement défini ?
Un processus bien défini reste compréhensible pris isolément, produit un résultat mesurable et est reconnu comme tel par toutes les personnes qui y participent. Si chaque équipe le décrit différemment, c’est le signe qu’il mérite d’être reclarifié.
Par où commencer pour cartographier les processus de sa Supply Chain ?
Par une présence sur le terrain, pas par un logiciel. Observer le déroulé réel d’une activité, avant de choisir la méthode de représentation la plus adaptée à la maturité et à la culture de l’entreprise.



