Port Sud de France Sète

Port Sud de France Sète, le port que la Région a repris en main

Port Sud de France
est la marque du port de Sète, exploité par un établissement public régional du même nom. Il a franchi les 6 millions de tonnes en 2025, après 5,8 millions l’année précédente. C’est sa onzième année consécutive de croissance, la seule interruption étant l’exercice 2020 et son recul de 9 %.

Ce port n’appartient pas à l’État. Il a été transféré à la Région en 2007, dans le cadre de la décentralisation portuaire ouverte par la loi de 2004, et il constitue aujourd’hui l’un des rares cas français où l’on peut mesurer chiffres à l’appui ce que ce changement de propriétaire a produit.

Un à deux millions d’euros par an, puis onze

Le chiffre est dans un rapport de la chambre régionale des comptes d’Occitanie, et il vaut mieux qu’un long discours. Avant 2007, l’État investissait un à deux millions d’euros par an sur ce port. Entre 2007 et 2019, la Région y a mis 142,2 millions d’euros, soit 10,9 millions par an. Le rapport d’investissement a été multiplié par un facteur compris entre cinq et dix.

Le trafic a suivi. Le chiffre d’affaires consolidé de l’établissement est passé de 14,4 millions d’euros en 2014 à 32,90 millions en 2025, en hausse de 12 % sur le seul dernier exercice. Le quai H, mis en service pour 44 millions d’euros dont 37,4 apportés par la Région et 6,6 par le fonds européen de développement régional, a donné au port quatre cent soixante-dix mètres de linéaire supplémentaire.

Chiffres clés

6 M
Tonnes traitées en 2025
133 000
Remorques roulier en 2025
32,9 M
EUR de chiffre d’affaires consolidé
142,2 M
EUR investis par la Région, 2007-2019

Attention à un chiffre qui circule : les 600 M EUR parfois cités recouvrent l’ensemble des financements publics et privés engagés sur la place portuaire depuis quinze ans, pas le seul investissement régional. Le montant régional documenté par la chambre régionale des comptes est de 142,2 M EUR sur 2007-2019.

Données de l’entreprise

IndicateurValeur
Raison socialeÉtablissement public régional Port Sud de France, SIREN 501 700 595, établissement public régional, code NAF 52.22Z, créé le 1er janvier 2008
Établissement portuaire1 quai Philippe Régy, BP 10853, 34201 Sète Cedex, dans l’Hérault. Le siège juridique est domicilié à l’Hôtel de Région, 201 avenue de la Pompignane, 34000 Montpellier
GouvernanceLa Région est autorité portuaire et propriétaire depuis le 1er janvier 2007, en application de la loi du 13 août 2004. L’établissement exploite trois concessions : commerce, pêche et plaisance
Conseil d’administrationOnze membres nommés par le conseil régional, six élus et cinq personnalités qualifiées. Philippe Malagola préside, Olivier Carmes est directeur général
Effectif50 à 99 salariés, tranche SIRENE au millésime 2023. Le port déclare une centaine de salariés pour l’établissement
Trafic 20256 Mt, après 5,8 Mt en 2024. Onzième année consécutive de croissance, hors 2020 et son recul de 9 %
Roulier133 000 remorques en 2025, contre 130 000 en 2024, 80 000 en 2021 et 70 000 en 2020. Le volume a doublé en cinq ans
Liaison turqueLigne Yalova vers Sète exploitée par DFDS, à raison de six escales par semaine
VracsLes vracs secs et liquides représentent plus de 55 % du tonnage annuel
Passagers360 000 passagers en 2025, dont environ 320 000 sur les lignes de ferry, en hausse de 44 %, et 35 000 croisiéristes sur 60 escales
Accès nautiqueTirant d’eau admissible de 13,50 mètres pour le port. Le quai H, long de 470 mètres, accepte 14,50 mètres
Comptes32,90 M EUR de chiffre d’affaires consolidé en 2025, en hausse de 12 %, contre 29 M EUR en 2024 et 14,4 M EUR en 2014
Place portuairePlus de 2 300 emplois directs, chiffre publié conjointement par le port et par la Région en novembre 2025
Report modalUne autoroute ferroviaire reliant Sète à Calais a été lancée en novembre 2025

Sète, tête de pont française du roulier turc

Le roulier est devenu la signature du port. Cent trente-trois mille remorques en 2025, contre soixante-dix mille cinq ans plus tôt : le volume a doublé, et il repose pour l’essentiel sur une seule relation, la ligne que DFDS exploite entre Yalova et Sète à raison de six escales hebdomadaires.

Pour un transporteur ou un chargeur opérant vers la Turquie, l’arithmétique est directe. Entrer par Sète plutôt que par un port du nord place la remorque à quelques heures de route du couloir rhodanien et de l’Espagne, et supprime la traversée des Balkans ou la remontée depuis l’Italie. C’est ce raccourci, plus que les infrastructures elles-mêmes, qui explique la croissance du segment.

  • Doublement en cinq ans : 70 000 remorques en 2020, 80 000 en 2021, 130 000 en 2024, 133 000 en 2025.
  • Une fréquence de ligne régulière : six escales par semaine sur la relation turque, ce qui permet de construire un plan de transport et non des coups ponctuels.
  • Un prolongement ferroviaire : l’autoroute ferroviaire Sète-Calais lancée en novembre 2025 ouvre la possibilité d’un enchaînement mer puis rail sans reprise routière longue distance.
  • Un port qui reste d’abord vraquier : plus de 55 % du tonnage annuel relève des vracs secs et liquides, le roulier ne pesant lourd qu’en nombre d’unités.
  • Un plafond nautique : 13,50 mètres de tirant d’eau admissible, 14,50 mètres au seul quai H, ce qui borne la taille des navires accueillis.

Sète est-il le bon point d’entrée pour vos flux ?

Pour qui ?

Transporteurs et commissionnaires opérant vers la Turquie et le Maghreb, sur des relations où la remorque accompagnée ou non accompagnée domine.

Filières vracs de l’Occitanie et de la vallée du Rhône, céréales, engrais, matériaux et produits énergétiques.

Chargeurs cherchant à raccourcir un flux méditerranéen sans passer par les grands hubs conteneurisés.

Opérateurs de report modal, la relation ferroviaire vers Calais ayant été ouverte fin 2025.

Pour quoi faire ?

Faire entrer ou sortir une remorque sur une ligne à six escales hebdomadaires, avec une régularité qui permet de planifier.

Charger ou décharger un vrac sur un port qui en tire plus de la moitié de son tonnage.

Éviter la traversée terrestre des Balkans ou la remontée depuis les ports italiens sur un flux turc.

Tester une alternative méditerranéenne à Marseille sur des volumes où la profondeur d’eau n’est pas déterminante.

Ce que la propriété régionale change concrètement

Un port régional n’obéit pas aux mêmes arbitrages qu’un grand port maritime d’État. Sa gouvernance est plus courte, ses décisions d’investissement se prennent dans une assemblée élue qui a un intérêt direct au développement économique de son territoire, et l’horizon des programmes suit celui des mandats régionaux.

Le bénéfice se lit dans les chiffres. Passer d’un à deux millions d’euros annuels à près de onze a permis d’ajouter du linéaire de quai, de créer un terminal roulier et de gagner des lignes, dans un délai qu’un circuit budgétaire national aurait difficilement tenu.

Le revers existe aussi. Un port dont l’investissement dépend d’une collectivité unique est plus exposé aux changements de majorité et aux tensions des finances locales qu’un établissement adossé à l’État. Le plan annoncé pour 2026-2030, qui viserait sept millions de tonnes et un nouveau quai, n’a pour l’instant qu’une seule source publique et ses montants ne concordent pas entre eux.

Enfin, une précision utile : Sète n’est pas le seul port décentralisé de France. Calais, Brest, Lorient, Saint-Malo, Bayonne ou Port-la-Nouvelle le sont également. Le port se présente lui-même comme le deuxième port décentralisé français, formulation plus juste que celle d’exception.

Les points forts de Port Sud de France Sète

Onze années consécutives de croissance. Six millions de tonnes en 2025, une régularité que peu de ports français peuvent afficher sur une telle durée, la seule interruption étant l’année 2020.

Un roulier qui a doublé en cinq ans. Cent trente-trois mille remorques en 2025 contre soixante-dix mille en 2020, portées par une ligne turque à six escales hebdomadaires.

Un investissement public soutenu et documenté. Cent quarante-deux virgule deux millions d’euros apportés par la Région entre 2007 et 2019, contre un à deux millions annuels de l’État avant le transfert.

Un chiffre d’affaires multiplié par plus de deux. Trente-deux virgule neuf millions d’euros en 2025 contre quatorze virgule quatre millions en 2014, en croissance de douze pour cent sur le seul dernier exercice.

Un outil neuf. Le quai H, quatre cent soixante-dix mètres et quarante-quatre millions d’euros, financé à quatre-vingt-cinq pour cent par la Région et complété par des fonds européens.

Une ouverture ferroviaire récente. L’autoroute ferroviaire Sète-Calais, lancée en novembre 2025, crée une continuité modale entre la Méditerranée et le détroit.