
Swisslog automatise la logistique de grandes marques de l’agroalimentaire
15 juillet 2025
ASN ou Advanced Shipping Notice
24 juillet 2025Depuis septembre 2026, l’inspection du travail frappe à la porte des entrepôts avec une question très simple : où sont les rapports de VGP de vos chariots ? Lors de la campagne préparatoire de 2023-2024, 23 % des équipements contrôlés n’avaient fait l’objet d’aucune vérification, et pour les chariots automoteurs, les contrôles réglementaires étaient incomplets dans 84 % des cas (DREETS Occitanie, juillet 2026).
Dans toute chaîne logistique, les chariots élévateurs, ponts roulants ou nacelles forment la colonne vertébrale de l’intralogistique. Comme les véhicules routiers, ces équipements passent un contrôle technique : la Vérification Générale Périodique (VGP), imposée par l’arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage. Le texte de référence est disponible sur Légifrance.

Le cadre légal de la VGP
Le socle est dans le Code du travail : l’article R4323-23 renvoie à des arrêtés le soin de fixer les équipements concernés, la périodicité et le contenu des vérifications, et l’article R4323-24 précise qu’elles sont confiées à des personnes qualifiées, salariées ou non de l’entreprise. Pour les appareils de levage, c’est l’arrêté de 2004 qui fait le travail. Il distingue cinq examens qui, combinés selon les cas, forment la VGP :
- l’examen d’adéquation (l’appareil est-il adapté à l’usage prévu ?) ;
- l’examen de montage et d’installation ;
- l’essai de fonctionnement ;
- l’examen de l’état de conservation ;
- les épreuves statique et dynamique.
Ces définitions figurent aux articles 5 à 11 de l’arrêté.
Responsabilité de l’employeur
C’est le chef d’établissement qui porte l’obligation, y compris quand l’engin est loué. L’article 15 le vise directement pour les appareils d’occasion ou de location : il doit s’assurer auprès du loueur que les vérifications ont bien été faites et pouvoir présenter, sur l’engin ou à proximité :
- le rapport de première mise en service ;
- le dernier rapport de VGP ;
- l’historique des VGP précédentes.
Les résultats sont par ailleurs consignés dans le registre de sécurité (article R4323-25 du Code du travail).
Périodicité des contrôles (articles 22 et 23)
La règle générale est une VGP tous les 12 mois pour les appareils de levage visés à l’article 22 (ponts roulants fixes, palans, etc.). L’article 23 ramène ce délai à 6 mois pour les appareils mus par une énergie autre que la force humaine qui servent à élever des personnes, et pour une liste d’engins nommément désignés :
- grues auxiliaires de chargement sur véhicules ;
- grues à tour à montage rapide ou automatisé, sur stabilisateurs ;
- bras ou portiques de levage pour bennes amovibles ;
- hayons élévateurs ;
- monte-meubles ;
- monte-matériaux de chantier ;
- engins de terrassement équipés pour le levage ;
- grues mobiles automotrices ou sur véhicule porteur, ne nécessitant pas de montage ou de démontage de parties importantes ;
- chariots élévateurs ;
- tracteurs poseurs de canalisations ;
- plates-formes élévatrices mobiles de personnes.
Pour s’y retrouver dans un site logistique, voici ce que cela donne sur les équipements courants :
| Équipement | Périodicité de la VGP | Référence |
| Chariot élévateur (frontal, rétractable, gerbeur à levée) | 6 mois | Arrêté 2004, art. 23 |
| Plate-forme élévatrice mobile de personnes (nacelle) | 6 mois | Arrêté 2004, art. 23 |
| Hayon élévateur de camion | 6 mois | Arrêté 2004, art. 23 |
| Pont roulant fixe, palan | 12 mois | Arrêté 2004, art. 22 et 23 |
| Appareil mû à la main servant à élever un poste de travail | 3 mois | Arrêté 2004, art. 23 |
| Engin démonté, déplacé sur un autre site ou lourdement réparé | Vérification de remise en service avant utilisation | Arrêté 2004, art. 19 et 20 |
Tips Blogistics : la dernière ligne est celle qu’on oublie. Un chariot transféré d’un entrepôt à un autre, ou remis en route après une grosse réparation, doit passer une vérification de remise en service, même si sa VGP date de trois semaines.
Pourquoi la VGP est-elle nécessaire ?
Trois raisons, qui ne pèsent pas le même poids selon que vous êtes dirigeant ou responsable d’exploitation.
Sécurité des personnes
L’INRS dénombre chaque année plus de 8 000 accidents avec arrêt de travail impliquant des chariots automoteurs, et une dizaine de salariés tués. Dans un cas sur deux, le décès est lié au renversement latéral du chariot (INRS, ED 979). Chutes de charge et ruptures d’accessoires de levage s’ajoutent à la liste des causes d’accidents graves.
Côté inspection du travail, les équipements mobiles et de levage sont la première cause des accidents du travail dont elle est saisie, et 24 % de ces accidents sont mortels. Le scénario le plus fréquent reste la collision entre un engin et un piéton, d’où l’importance d’un protocole de sécurité chargement-déchargement tenu à jour sur les quais.
Risque financier et pénal
Ne pas faire la VGP coûte cher, et le coût se multiplie. L’article L4741-1 du Code du travail punit d’une amende pouvant atteindre 10 000 € l’employeur qui méconnaît, par sa faute personnelle, les règles de sécurité et les décrets pris pour leur application, dont celles sur la vérification des équipements de travail. L’amende est appliquée autant de fois qu’il y a de salariés concernés. En récidive, la peine monte à un an d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.
Si l’engin non vérifié est impliqué dans un accident mortel, on bascule dans le Code pénal : l’homicide involontaire est puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, portés à 5 ans et 75 000 € en cas de manquement délibéré à une obligation de sécurité (article 221-6). Une VGP absente est précisément le genre de manquement qu’un enquêteur qualifie de délibéré.
Sur place, l’inspecteur peut aussi exiger que vos engins soient vérifiés par un organisme accrédité, dans le délai qu’il fixe (article R4722-5), et prescrire l’arrêt temporaire d’une activité en cas de danger grave et imminent (article L4731-1). Un chariot immobilisé peut bloquer tout un atelier ou un quai.
Enfin, une VGP ne se régularise pas après coup : un rapport daté d’aujourd’hui ne prouve pas que l’engin était sûr pendant les mois où l’échéance était dépassée.
Continuité d’activité et coûts cachés
Une fuite hydraulique non détectée peut clouer un chariot plusieurs jours. Il faut louer un engin de remplacement, et une exploitation ralentie peut déclencher des pénalités de retard côté client : autant de lignes qui alourdissent son TCO. Ce risque est évitable quand on pilote sa supply chain avec un minimum de rigueur.
Quelques bonnes pratiques pour rester conforme
- Planifier les échéances de VGP dans un logiciel de GMAO ou dans un outil de suivi partagé entre maintenance, QHSE et exploitation. Un tableur tenu par une seule personne ne survit pas à ses congés.
- Choisir un vérificateur qualifié, interne ou externe, et conserver la preuve de sa qualification pour la présenter en cas de contrôle.
- Garder le dernier rapport avec la notice d’instructions, à proximité de l’engin, et apposer une vignette de VGP visible par les caristes.
- Traiter sans délai les observations du rapport. Une observation non levée, c’est un défaut documenté par écrit sur un engin que vous continuez d’utiliser, ce qui vous expose aux sanctions ci-dessus en cas d’accident.
- Recenser tout le parc, loueurs compris : gerbeurs, nacelles de maintenance et équipements d’entrepôt arrivés en renfort pour un pic d’activité.
- Former les caristes et chefs d’équipe à signaler tout comportement anormal (bruit, jeu, fuite, anomalie de batterie).
Un processus de maintenance de 1er niveau, quotidien pour un engin utilisé tous les jours, reste LA bonne pratique à suivre. Il ne remplace en rien la VGP, il la complète.
L’œil de l’expert
Avant la visite de l’inspecteur, faites le tour du site avec la liste des engins extraite de la GMAO, et comparez-la à ce qui roule réellement. Les écarts se trouvent presque toujours au même endroit : le chariot loué en courte durée pour le pic de fin d’année, le gerbeur prêté par un autre site, la nacelle de la maintenance que personne n’a rattachée au parc. Ce ne sont pas les engins qu’on connaît qui posent problème, ce sont ceux qu’on a oubliés.
En substance
La VGP n’est pas une simple formalité : c’est le « rempart » réglementaire et opérationnel contre les accidents graves, les arrêts de production coûteux et les sanctions pénales. Et en cette fin 2026, c’est aussi le premier document que l’inspection du travail demandera.
En maîtrisant la VGP sur trois dimensions :
- le champ d’application (tous les équipements de levage, loués compris) ;
- la périodicité (3, 6 ou 12 mois selon le type, plus la remise en service) ;
- la méthodologie d’examen ;
vous transformez une contrainte légale en levier de performance logistique. La durabilité, si chère à nos organisations supply chain, passe aussi par des rapports archivés et un dialogue permanent entre maintenance, QHSE et exploitation.
Une RSE pour et avec le terrain !
Questions fréquentes
Quelle est la périodicité de la VGP d’un chariot élévateur ?
Six mois, selon l’article 23 de l’arrêté du 1er mars 2004. La plupart des autres appareils de levage sont vérifiés tous les 12 mois.
Qui peut réaliser la VGP ?
Une personne qualifiée, qui peut appartenir à l’entreprise ou à un organisme extérieur (article R4323-24 du Code du travail). L’inspection du travail peut toutefois exiger une vérification par un organisme accrédité.
Les transpalettes sont-ils soumis à la VGP ?
Un transpalette qui ne soulève la palette que de quelques centimètres n’est en principe pas concerné. Un modèle à levée haute, assimilable à un gerbeur, l’est. En cas de doute, faites trancher par votre vérificateur et gardez sa réponse par écrit.
Un chariot loué doit-il passer la VGP ?
Oui. Le loueur réalise souvent les vérifications, mais c’est l’utilisateur qui doit s’assurer qu’elles sont faites et pouvoir présenter les rapports (article 15 de l’arrêté).
Que risque-t-on sans VGP à jour ?
Une amende pouvant atteindre 10 000 € par salarié concerné (article L4741-1 du Code du travail), une vérification imposée par un organisme accrédité, et des poursuites pénales alourdies en cas d’accident.
Article mis à jour en septembre 2026.




