Dans un monde où l’efficacité et la rapidité sont essentielles, la logistique a toujours cherché des moyens d’améliorer la performance et la sécurité des travailleurs.
L’introduction des exosquelettes représente une avancée majeure, promettant de transformer radicalement la manière dont les opérations logistiques sont menées.
Qu’est-ce qu’un exosquelette ?
Un exosquelette est un dispositif portable qui permet d’augmenter la force et l’endurance des utilisateurs. Il est conçu pour soutenir le corps humain dans l’exécution de tâches physiquement exigeantes, réduisant ainsi le risque de blessures et augmentant la productivité.
Les exosquelettes sont conçus pour augmenter considérablement la force et l’endurance des utilisateurs, mais il est important de noter que la puissance et la force spécifiques varient grandement en fonction du modèle et de l’application.

| Critère | Force Humaine Typique | Force avec Exosquelette | Notes |
| Levage de charge | Environ 25 kg (55 lb) | Jusqu’à 90 kg (200 lb) | Les exosquelettes mécaniques ou motorisés peuvent augmenter significativement la capacité de levage. |
| Endurance | Limitée par la fatigue | Prolongée (heures supplémentaires) | Les exosquelettes réduisent la fatigue musculaire, permettant aux utilisateurs de travailler plus longtemps. |
| Précision des mouvements | Variable (dépend de l’individu) | Améliorée avec stabilisation | Certains exosquelettes offrent une meilleure stabilisation pour des tâches précises. |
| Vitesse de travail | Limitée par la force/endurance | Potentiellement augmentée | Les exosquelettes peuvent permettre une exécution plus rapide de certaines tâches physiques. |
Il est important de garder à l’esprit que ces chiffres sont indicatifs et peuvent varier en fonction des spécificités de chaque exosquelette. Par exemple, certains exosquelettes sont conçus spécifiquement pour le soutien du dos et peuvent permettre le levage de charges plus lourdes, tandis que d’autres se concentrent sur la réduction de la fatigue des bras ou des jambes.
De plus, leurs performances dépendent aussi de la manière dont il est utilisé et de l’adaptation à l’utilisateur spécifique. Les entraînements et les ajustements personnalisés sont essentiels pour maximiser l’efficacité de ces dispositifs.
Dans le secteur de la logistique, les exosquelettes sont principalement utilisés pour la manutention de marchandises lourdes. Ils assistent les opérateurs dans les tâches de levage, de déplacement et de rangement, rendant ces processus moins fatigants et plus sûrs.
Les avantages apportés par les exosquelettes en logistique :
- Réduction des blessures : En fournissant un soutien physique, les exosquelettes diminuent le risque de troubles musculo-squelettiques. L’utilisation d’exosquelettes dans des tâches telles que le levage de palettes ou la manipulation de colis lourds peut réduire significativement le risque de lésions dorsales.
- Augmentation de la productivité : Les travailleurs peuvent manipuler des charges plus lourdes et travailler plus longtemps sans fatigue excessive. En permettant aux employés de travailler plus efficacement avec moins de fatigue, les exosquelettes comme l’exosquelette passif de Levitate Airframe aident à maintenir une productivité élevée tout au long de la journée. Cela est particulièrement utile dans des environnements comme les centres de distribution où les employés sont souvent tenus de soulever et de déplacer des objets pendant de longues périodes.
- Amélioration de la précision : Certains exosquelettes sont équipés de systèmes avancés qui augmentent la précision dans les tâches de manipulation. Certains exosquelettes, équipés de capteurs avancés, peuvent aider à améliorer la précision dans des tâches délicates.
Exosquelette passif ou actif : la réglementation ne dit pas la même chose
Tous les exosquelettes ne relèvent pas du même cadre juridique, et la nuance compte au moment de l’achat. Un exosquelette passif, sans motorisation, est classé comme un équipement de travail au sens du Code du travail. Un modèle actif ou robotisé, lui, relève de la directive européenne « machines », avec marquage CE obligatoire, notice d’instructions et vérifications périodiques à la charge de l’employeur. Cette directive doit céder la place au règlement Machines (UE) 2023/1230 à partir du 20 janvier 2027, qui durcit les exigences sur les risques liés aux fonctions numériques et autonomes intégrées aux machines : un point à surveiller si votre parc d’exosquelettes intègre des capteurs et une assistance pilotée par logiciel. Si l’exosquelette reste le terme le plus connu, il coexiste sur le marché avec l’ergosquelette, une approche différente que nous détaillons dans notre article sur les différences entre ergosquelette et exosquelette.
Dans les deux cas, l’intégration d’un exosquelette doit être consignée dans le document unique d’évaluation des risques professionnels, et les opérateurs formés à son usage, pas seulement briefés le jour de la livraison. Les normes NF X35-800 et AFNOR Z68-800 encadrent respectivement l’évaluation des risques biomécaniques et la sélection d’un exosquelette professionnel, et l’INRS a publié un guide méthodologique dédié (référence ED 6416) qui détaille une démarche en quatre étapes : caractériser précisément la tâche, identifier la bonne catégorie d’exosquelette, évaluer le bénéfice réel une fois les opérateurs familiarisés, puis vérifier l’absence d’effets secondaires indésirables sur d’autres articulations.
Attention cependant à ne pas ériger ces nombreux avantages comme une fin en soi. L’exosquelette reste un outil qu’il faut utiliser à bon escient et dans certaines circonstances.
Encadrer l’usage, travailler la polyvalence entre opérateurs doivent accompagner l’introduction de ce fabuleux outil de travail qui ne doit pas amplifier d’autres phénomènes comme le décrit parfaitement l’INRS dans ses brochures santé et sécurité au travail.
Le vrai chiffre qui justifie de s’y intéresser
Un chiffre à garder en tête avant d’investir : selon une étude présentée par France Supply Chain à Préventica Paris en juin 2026, le mal de dos représente environ 70 % des arrêts de travail dans le secteur du transport et de la logistique, comme le confirment nos propres constats sur l’accidentologie dans le secteur de la logistique. C’est ce chiffre, plus que la promesse de productivité, qui justifie de s’intéresser sérieusement à la prévention des troubles musculo-squelettiques, exosquelette ou non.
La même étude pointe un écart persistant entre l’innovation disponible et son usage réel sur le terrain, huit ans après la publication du premier guide de l’INRS sur le sujet.
Elle identifie quatre facteurs qui font la différence entre un exosquelette qui reste au fond d’un placard après trois semaines et un déploiement qui tient dans la durée :
- la co-construction du projet avec les opérateurs concernés plutôt qu’une décision prise depuis un bureau,
- un diagnostic détaillé de la tâche avant tout achat,
- un accompagnement au changement (formation, essais progressifs, temps d’acculturation),
- et l’implication conjointe des services de santé au travail, des achats et de la prévention plutôt qu’un portage isolé par un seul service.
L’œil de l’expert
L’erreur la plus fréquente sur ce sujet consiste à choisir un modèle d’exosquelette avant d’avoir chiffré la tâche qu’il doit soulager : nombre de gestes par jour, poids réellement manipulé, durée du poste. Sans ce diagnostic, impossible de savoir si le bénéfice constaté sur un test de trois jours tiendra sur un poste de huit heures, cinq jours par semaine. Le budget d’un exosquelette se justifie sur des données de terrain, pas sur une démonstration commerciale.
Faire évaluer la pertinence d’un exosquelette sur votre poste
Questions fréquentes
Un exosquelette est-il considéré comme un équipement de protection individuelle (EPI) ?
Non, dans la majorité des cas il est classé comme équipement de travail (modèle passif) ou comme machine (modèle actif), pas comme un EPI. Cette distinction change les obligations de marquage et de contrôle qui s’appliquent.
Faut-il une formation obligatoire pour utiliser un exosquelette ?
Oui. Au-delà de l’aspect réglementaire, une prise en main mal encadrée est la première cause d’effets secondaires (gêne, report de l’effort sur une autre articulation) qui font abandonner l’outil après quelques semaines.
Un exosquelette convient-il à tous les postes de manutention ?
Non. Son bénéfice dépend fortement de la nature du geste (statique ou dynamique), de l’inclinaison du tronc et du poids réellement manipulé. Un même modèle peut être pertinent sur un poste et inutile, voire gênant, sur un autre.
Quel est le retour sur investissement d’un exosquelette en entrepôt ?
Il se calcule surtout en réduction des arrêts de travail et des restrictions médicales sur les postes concernés, rarement en gain de productivité pur. C’est une donnée à construire avec votre service de santé au travail, pas un chiffre standard du marché. Le ROI a considéré aussi est clairement le moral et la forme physique de vos équipiers.
Le règlement Machines 2023/1230 change-t-il quelque chose dès maintenant ?
Pas encore : il entre en application le 20 janvier 2027. Mais un achat engagé aujourd’hui doit déjà anticiper cette échéance si l’exosquelette reste en service plusieurs années.
Existe-t-il des aides financières pour l’achat d’exosquelettes ?
Certaines CARSAT régionales proposent des subventions de prévention des Troubles Musculo Squelettiques qui peuvent couvrir une partie de l’investissement. Les conditions varient selon les régions et les secteurs, à vérifier directement auprès de votre CARSAT.



