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13 janvier 2026Pour le général Schill, l’armée de Terre doit réapprendre la « logistique de masse »
Le général d’armée Pierre Schill est le chef d’état-major de l’Armée de terre (CEMAT) depuis juillet 2021.
Officier issu des Troupes de marine, il a alterné des postes de terrain et d’état-major, avec une trajectoire marquée par la préparation opérationnelle, la conduite des forces et la transformation de l’armée de Terre face aux conflictualités contemporaines (haute intensité, durcissement logistique, modernisation capacitaire).

L’enjeu des camions logistiques
Le renouvellement des camions logistiques de l’armée de Terre est devenu un enjeu stratégique. Un appel d’offres lancé par la DGA vise l’acquisition d’au moins 7 000 porteurs logistiques de 6 tonnes (PL6T), destinés à remplacer les GBC180 vieillissants. Si des informations ont évoqué un tandem Arquus–Daimler et un modèle Zetros 6×6 comme favori, l’attribution officielle du marché reste, à ce stade, à confirmer.
Cette modernisation est d’autant plus essentielle que les exercices récents ont mis en évidence des fragilités.
En effet, l’édition 2023 d’Orion a notamment souligné les limites des moyens de transport et de soutien ; rappelant, de fait, que la logistique a souvent (hélas) servi de variable d’ajustement budgétaire. Pour rappel, le programme ORION est un grand exercice militaire interarmées et multinational organisé en France pour entraîner les forces à un scénario de “haute intensité” (engagement majeur, volumes importants, coordination terre/air/mer, logistique, etc.).
La logistique pilier de guerre ?
Pour 2026, la logistique s’impose désormais comme l’un des trois axes prioritaires de l’armée de Terre, aux côtés des feux dans la profondeur et de la protection face aux menaces aériennes (drones, missiles). Dans un entretien accordé fin décembre, le général Pierre Schill a rappelé une évidence du combat moderne :
durer impose de pouvoir alimenter en continu les unités en munitions, pièces de rechange, mais aussi de garantir l’évacuation et la prise en charge des blessés
Il reconnaît que cet impératif a pu être relégué au second plan, notamment parce que les opérations des années précédentes se caractérisaient par un haut niveau de sophistication, mais engageaient des volumes limités.
Au siècle dernier, lors de la seconde guerre mondiale, et particulièrement lors du débarquement en Normandie, la logistique a été centrale. L’article de Blogistics sur ce sujet permet de se le rappeler : Juin 1944, la victoire de la logistique.
Changement de paradigme… logistique aussi
C’est précisément là que se situe, selon lui, le changement d’époque.
Les opérations au Sahel, menées avec des effectifs relativement réduits, ont permis une « logistique de précision », fine et optimisée. Mais cette logique n’est plus suffisante pour les scénarios à venir, marqués probablement par des engagements plus lourds, plus longs et potentiellement plus contestés.
D’où son message central : réapprendre la “logistique de masse”, capable d’absorber des besoins considérables et de tenir dans la durée.
Soutenir les unités de l’avant implique une multiplication des mouvements logistiques entre soutenants et soutenus.
Dans l’organisation de l’armée de Terre, cette montée en puissance relève du Commandement de l’appui et de la logistique de théâtre (CALT), auquel est rattachée la Brigade Logistique (BLog), créée en mars 2024. Basée à Montlhéry, elle rassemble environ 7 000 logisticiens d’active et 2 600 réservistes.
Tous les détails et de nombreux compléments sont disponibles sur le blog Zone Militaire édité par Laurent LAGNEAU
Le crédit original de l’article source revient à Laurent LAGNEAU : ici




