Normandie Entrepôts exploite un entrepôt unique au Parc Logistique du Pont de Normandie, à Rogerville, à une quinzaine de kilomètres des terminaux du Havre. La société est passée en société par actions simplifiée en août 2026, après avoir été une société anonyme immatriculée au registre du commerce du Havre en septembre 1997.
Une précision d’adresse s’impose, parce que plusieurs annuaires se trompent encore et que l’administration elle-même continue parfois de notifier à l’ancienne adresse. Le siège est à Rogerville, pas au Havre. L’établissement havrais du quai George V est fermé depuis le 5 février 2003. Le qualificatif de logisticien havrais se défend donc au sens de la zone portuaire, il est inexact au sens administratif.
La distinction est structurante. L’entreprise ne manutentionne pas sur les quais : elle reçoit, stocke, prépare et réexpédie en amont et en aval des terminaux, sans intervenir dans l’escale ni dans le passage portuaire proprement dit. Elle n’a aucun lien contractuel documenté avec l’autorité portuaire. Sa valeur tient à sa position, à ses agréments douaniers et à sa capacité de dépotage.
8 000 Emplacements palettiers annoncés, au minimum | 21 Postes à quai | 1981 Début de l’exploitation du site | 4,2 M EUR de CA, exercice 2025 |
Les emplacements, les quais et les cadences sont annoncés par l’entreprise. Le chiffre d’affaires vient des comptes déposés, qui sont publics sur sept exercices. Attention au périmètre : la fusion de novembre 2024 a réuni deux sociétés d’exploitation, et les exercices antérieurs à 2024 ne se comparent donc pas à ceux qui suivent.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Identité légale | Normandie Entrepôts, société par actions simplifiée depuis le changement de forme publié au BODACC le 4 août 2026, SIREN 413 587 973, capital 40 000 EUR, immatriculée au RCS du Havre le 12 septembre 1997, code NAF 52.10B entreposage et stockage non frigorifique |
| Siège social | Parc Logistique du Pont de Normandie, 76700 Rogerville, Seine-Maritime. Établissement siège actif. L’ancien établissement du 1 quai George V au Havre est fermé depuis le 5 février 2003 |
| Ancienneté d’exploitation | Le site est exploité depuis le 1er avril 1981, date de création de Normandie Entrepôts Logistique, SIREN 321 471 344, absorbée par fusion le 19 novembre 2024 et radiée le 17 juin 2025 |
| Chiffre d’affaires | 4 207 559 EUR sur l’exercice 2025, pour un résultat net de 367 907 EUR et un excédent brut d’exploitation de 606 126 EUR. Le résultat net s’établissait à 271 926 EUR en 2024. Comptes publics sur sept exercices |
| Effectif | Une trentaine de personnes. Le répertoire Sirene ne publie pas de tranche pour l’entité issue de la fusion |
| Gouvernance | La présidence est assurée depuis le 31 juillet 2026 par une personne morale, LPO Sogena, SIREN 440 678 712, qui a succédé à Guillaume Blanchard |
| Actionnariat | Société du groupe familial Sofrino-Sogena, issu du transport maritime. L’entrée dans le groupe a été annoncée le 23 mai 2023 et la cession publiée au BODACC le 26 septembre 2024. Entités liées : Sogena, SHGT, LPO Sogena et Capgel |
| Installation classée | Site sous titre au régime de l’enregistrement, code AIOT 0003901096, exploité au nom de la société elle-même et non du bailleur. Rubriques couvrant notamment 200 000 m³ d’entrepôt couvert, des aérosols inflammables, des liquides inflammables et des alcools de bouche |
| Douane et agréments | L’entreprise déclare disposer d’un entrepôt sous douane, du statut d’opérateur économique agréé en version complète, ainsi que d’agréments biologique, vétérinaire et FDA. Aucun numéro ni date d’agrément n’est publié : la base européenne n’affiche que les opérateurs qui y consentent, et l’administration douanière ne tient pas de registre nominatif public |
| Zones de température | Température ambiante uniquement. Aucune zone dirigée ni froid négatif n’est revendiqué |
| Contact | Site officiel normandieentrepots.com, Parc Logistique du Pont de Normandie, 76700 Rogerville |
| Moyen | Ce qui est annoncé | Ce que cela permet au chargeur |
|---|---|---|
| Palettiers | Plus de 8 000 emplacements au format 80 par 120 centimètres | Stocker une référence palettisée standard sans reconditionner, et dimensionner un stock de quelques centaines à quelques milliers de palettes sur un site unique |
| Surfaces | Environ 10 000 m² couverts, complétés par 17 000 m² de cour extérieure | Disposer d’une réserve de manœuvre et de stockage extérieur, pour les conteneurs en attente de dépotage ou les marchandises qui le supportent |
| Quais | 21 postes à quai | Absorber les pics de réception sans file d’attente, ce qui est le premier facteur de coût caché quand un entrepôt sature |
| Cadence routière | Environ 75 camions par jour | Situer sa propre volumétrie par rapport à celle du site, et juger si le flux envisagé y pèse peu ou beaucoup |
| Flux conteneurisés | Environ 70 conteneurs équivalent vingt pieds à l’import et 80 à l’export par semaine | Faire dépoter à l’arrivée du port et faire empoter au départ, sans passer par un second prestataire |
| Régime d’exploitation | Enregistrement au titre des installations classées, 200 000 m³ d’entrepôt couvert autorisés | Stocker des marchandises classées sans avoir à ouvrir un dossier de régularisation, l’autorisation étant déjà portée par l’exploitant |
| Statuts douaniers | Entrepôt sous douane et statut d’opérateur économique agréé, déclarés par l’entreprise | Suspendre les droits jusqu’à la mise à la consommation, et bénéficier des facilitations de contrôle attachées au statut |
Attention à un chiffre qui circule : le total de 27 000 m² repris par plusieurs annuaires additionne les 10 000 m² couverts et les 17 000 m² de cour. Ce n’est pas une surface d’entrepôt.
Importateurs et exportateurs dont les conteneurs transitent par Le Havre, et qui veulent dépoter à proximité immédiate plutôt que de faire rouler la boîte vers l’intérieur.
Chargeurs qui stockent des produits classés, aérosols, liquides inflammables ou alcools, et qui cherchent un site dont l’autorisation couvre déjà ces rubriques.
Entreprises soumises à des agréments sectoriels, biologique ou vétérinaire, qui ont besoin d’un entreposeur déjà audité sur ces référentiels.
Chargeurs de taille moyenne. Sur un site unique d’environ 10 000 m² couverts, un flux très volumineux saturerait vite.
Faire dépoter un conteneur à l’arrivée, stocker la marchandise sous douane, puis la mettre à la consommation au rythme des ventes plutôt qu’à l’arrivée du navire.
Constituer un stock tampon en arrière-port, pour lisser des arrivages maritimes irréguliers sans engorger son propre site.
Faire empoter à l’export avec préparation et reconditionnement sur place, en une seule manipulation.
Disposer d’une capacité de cour extérieure, ce qui manque à beaucoup d’entrepôts et se paie cher en immobilisation de conteneurs.
Il n’y en a qu’un, et c’est un choix assumé plutôt qu’une limite subie. Le Parc Logistique du Pont de Normandie, à Rogerville, est situé en rive nord de l’estuaire, à portée directe des terminaux havrais et de l’A29. C’est exactement la position que recherche un importateur : assez près pour que le tracté conteneur reste court, assez loin pour que le mètre carré reste abordable.
Le contexte portuaire donne l’échelle. HAROPA Port a traité 84,7 millions de tonnes et 3,2 millions de conteneurs équivalent vingt pieds en 2025. Les 70 à 80 conteneurs hebdomadaires du site ne représentent qu’une fraction infime de ce trafic, ce qui dit bien la nature de la prestation : Normandie Entrepôts n’est pas un acteur du terminal, c’est un entreposeur de l’hinterland immédiat.
Pour un chargeur, cela se traduit par un arbitrage clair. Vous gagnez la proximité portuaire, les agréments douaniers et une équipe d’une trentaine de personnes qui connaît le site. Vous n’avez en revanche ni deuxième site de repli, ni maillage national : au-delà de la Normandie, il faudra un autre prestataire ou un transport organisé depuis Rogerville.
Quarante-cinq ans d’exploitation sur le même site. L’entreprise communique sur une création récente, et son propre site avance une date de 2001. La réalité est plus solide. L’exploitation remonte au 1er avril 1981, date de création de la société absorbée par la fusion du 19 novembre 2024, et cette antériorité ne figure dans aucune base d’entreprises : elle ressort d’un rapport d’inspection administrative consacré au risque incendie. Quarante-cinq ans de continuité valent mieux qu’une plaquette.
L’autorisation portée par l’exploitant. Sur la zone portuaire, beaucoup d’entrepôts sont loués et classés au nom du bailleur, ce qui complique toute demande d’extension de rubrique. Ici, c’est la société elle-même qui détient le titre, avec son propre code d’autorisation vérifiable en base nationale.
Un périmètre de rubriques large. Aérosols inflammables, liquides inflammables et alcools de bouche figurent déjà à l’autorisation, alors que la communication commerciale met en avant le bio, le vétérinaire et le FDA. Un chargeur dont les produits relèvent de ces rubriques trouve donc un site déjà couvert, ce qui lui épargne des mois de procédure.
Un adossement maritime. Le groupe Sofrino-Sogena vient du transport maritime, et la maison mère porte la représentation en douane. Pour un flux import-export, l’ensemble se tient, à condition de savoir quelle entité signe quoi.