
Augmenter la hauteur de rayonnage existante
28 janvier 2026La logistique urbaine représente 25 % des émissions de GES en ville et 30 % de l’occupation de la voirie (ADEME, 2025). Face aux objectifs du Pacte Vert européen (-55 % de GES d’ici 2030) et au déploiement des ZFE-m dans 25 métropoles françaises, cet article détaille les solutions opérationnelles : mutualisation via le programme InTerLUD+, déploiement des micro-hubs, cyclologistique (3 400 vélos-cargos en exploitation) et cadre normatif ISO 14083.
État des Lieux : La logistique urbaine, un enjeu sanitaire et climatique majeur
Le transport de marchandises en ville génère 25 % des émissions de CO₂ urbaines, 33 % des polluants atmosphériques et provoque 7 900 décès prématurés par an en Île-de-France (Airparif/ORS, 2022). Le dernier kilomètre représente 30 % du coût logistique total.

Données quantitatives : Impacts environnementaux et économiques
Les données consolidées par les institutions françaises et européennes établissent un diagnostic sans appel sur l’urgence d’une transformation systémique :
- Part du trafic urbain : 15 à 20 % des véhicules en circulation (Cerema, 2024)
- Émissions de GES urbaines : 25 % attribuables à la logistique du dernier kilomètre (ADEME, eXtrême Défi Logistique, 2025)
- Polluants atmosphériques : 33 % des émissions, dont 43 % des NOx (Métropole du Grand Paris/Airparif)
- Particules fines (PM2.5/PM10) : 17 à 20 % des émissions urbaines
- Coût du dernier kilomètre : Représente 30 à 50 % du coût logistique total (Ministère des Transports, 2024)
- Occupation de voirie : 30 % de l’espace public dédié au stationnement et à la circulation de marchandises
- Livraisons quotidiennes : Plus de 500 000 colis/jour dans les métropoles françaises (estimations 2025)
- Stationnement illicite : 80 % des livraisons effectuées en double file ou stationnement non autorisé
Le paradoxe économique est flagrant : l’explosion du e-commerce (+13,4 % en 2024 selon la Fevad, atteignant 175,3 milliards d’euros) amplifie la fragmentation des livraisons. Le taux de remplissage moyen des véhicules utilitaires légers (VUL) en zone urbaine tombe sous les 40 %, générant des trajets quasi à vide et une multiplication des émissions par colis.
Impacts sanitaires : une bombe à retardement
L’étude conjointe de l’Observatoire Régional de Santé Île-de-France (ORS) et d’Airparif, publiée en 2022, établit que la pollution de l’air cause 7 900 décès prématurés par an dans la Métropole du Grand Paris. Le trafic routier, dont une part significative est attribuable au transport de marchandises, est responsable de :
- 43 % des oxydes d’azote (NOx), émis à plus de 85 % par les moteurs diesel
- 20 % des PM10 et 17 % des PM2.5
Ces polluants favorisent le développement de pathologies chroniques graves : maladies cardiovasculaires, pathologies respiratoires et cancers. La pollution de l’air est désormais considérée comme responsable de près d’un décès sur dix en zone urbaine dense.
Cadre réglementaire européen et national : une pression normative croissante
Le corpus législatif s’est considérablement renforcé depuis le Pacte Vert européen (Green Deal, 2020). Les principaux textes structurant la décarbonation de la logistique urbaine sont :
| exte / Programme | Échéance | Implications Logistique Urbaine |
|---|---|---|
| Règlement (UE) 2024/1610 | 2030-2040 | Réduction CO₂ poids lourds neufs : -45 % (2030), -65 % (2035), -90 % (2040) vs 2019 |
| Loi Climat et Résilience (France) | 2025-2030 | Obligation ZFE-m dans 43 agglomérations > 150 000 habitants |
| Directive CSRD | 2024-2025 | Reporting scope 3 obligatoire (émissions transport chaîne logistique) pour entreprises > 250 salariés |
| Règlement eFTI 2020/1056 | 2024-2025 | Numérisation documents transport (bénéfice estimé : 25 Md€ pour opérateurs économiques) |
| Feuille de route France Logistique 2025-2026 | 2025-2026 | 14 objectifs prioritaires : gouvernance, planification foncière, numérisation, report modal |
| Extension ETS2 (marché carbone) | 2027-2028 | Intégration transport routier au système d’échange de quotas d’émission |
| Norme ISO 14083 | En vigueur | Méthodologie harmonisée de calcul des émissions GES du transport |
Source : Compilation DGE/DGITM, Conseil de l’UE, Parlement européen, novembre 2024
Leviers Opérationnels : Flottes, Infrastructures et Mutualisation
Trois leviers complémentaires : électrification des flottes VUL (30 000 véhicules ciblés d’ici 2026), déploiement de micro-hubs urbains (16 000 m² sous les Champs-Élysées, 75 000 m² aux Gobelins), et cyclologistique (3 400 vélos-cargos, émissions 15× inférieures au VUL).
Électrification et décarbonation des flottes
Le verdissement des véhicules utilitaires constitue le premier levier d’action, avec plusieurs technologies disponibles selon les usages :
- VUL électriques : Autonomie 150-300 km, adapté aux tournées urbaines. Émissions réduites à zéro à l’échappement. Aide Métropole Roule Propre : jusqu’à 13 700 € (véhicule neuf), 5 000 € (occasion).
- GNV/BioGNV : Réduction jusqu’à 80 % de CO₂ (BioGNV), adapté aux flux plus lourds (poids lourds). Infrastructure de stations-service en développement.
- Hydrogène : Projets pilotes en cours, pertinent pour longue distance et autonomie supérieure (> 400 km). Temps de recharge comparable au thermique.
- Rétrofit électrique : Conversion de VUL thermiques existants, solution intermédiaire pour les flottes anciennes.
La feuille de route gouvernementale 2025-2026 cible le déploiement de 30 000 véhicules utilitaires à très faibles émissions d’ici 2026, nécessitant une infrastructure de recharge adaptée que les micro-hubs peuvent intégrer.
Infrastructures : hubs logistiques urbains et espaces de proximité (ELP)
Le foncier logistique reste le défi structurel majeur. Paris ne concentre que 1 % des surfaces d’entrepôts régionales alors qu’elle génère plus de 60 % des flux de marchandises de l’Île-de-France. Les projets emblématiques se multiplient :
| Projet | Localisation | Surface | Livraison | Opérateur |
|---|---|---|---|---|
| L’Atelier Logistique | Champs-Élysées (8e) | 16 000 m² (9 niveaux souterrains) | Été 2026 | Bright House |
| SEGRO Gobelins | Paris 13e (ex-gare) | 75 000 m² | 2025 | SEGRO |
| CONNECT Paris | Clichy-Batignolles (17e) | 67 000 m² (5 niveaux) | 2027 | Prologis |
| Hub Chronopost 100% vélo | Strasbourg | 800 m² | Opérationnel | Chronopost |
Le PLU parisien a intégré 62 parcelles destinées à favoriser la création d’espaces de logistique urbaine (APUR). La reconversion de parkings souterrains désaffectés, friches industrielles et emprises ferroviaires constitue le principal gisement foncier.
Cyclologistique : données sectorielles et performance économique
L’Observatoire des cyclomobilités professionnelles 2024, publié par l’association Les Boîtes à Vélo – France avec le soutien de l’ADEME, établit les métriques sectorielles suivantes :
| Indicateur | Valeur 2024 |
|---|---|
| Vélos-cargos en exploitation (France) | 3 400 unités |
| Part dédiée cyclologistique pure | 84 % |
| Flotte Île-de-France | 1 450 unités (76 % Paris intramuros) |
| Kilomètres moyens/jour/vélo | 24 km |
| Charge moyenne transportée/jour | 117 kg |
| Rayon moyen de chalandise | 10 km |
| Emplois directs (ETP) | 2 400 ETP |
| Réduction GES vs VUL thermique | ×15 (facteur) |
| Économie foncière vs VUL | ×11 moins d’espace |
| Coût d’entretien annuel | 2 000 – 6 000 € TTC |
| Prix moyen d’achat (2024) | 6 525 € |
| Prévision croissance CA 2025 | 83 % des entreprises |
| Prévision recrutement 2025 | 47 % des entreprises |
| Projection emplois 2050 (Shift Project) | 110 000 emplois |
Source : Les Boîtes à Vélo – France, Observatoire des cyclomobilités professionnelles 2024 ; Shift Project, 2021

La répartition des types de véhicules montre une prépondérance croissante des tricycles et triporteurs (47 %), adaptés aux charges lourdes, tandis que les vélos classiques VAE et compacts restent stables (11 %). Le marché français a enregistré 33 000 ventes de vélos-cargos en 2024 (tous usages confondus), contre 14 000 en 2021.
Gouvernance et Programmes Nationaux : Structurer la Collaboration Public-Privé
Le programme InTerLUD+ (Cerema/ADEME/CEE) accompagne les EPCI dans l’élaboration de chartes de logistique urbaine durable. L’eXtrême Défi Logistique de l’ADEME a sélectionné 14 projets lauréats (323 000 € de financement) pour expérimenter CMDU, micro-hubs et circuits courts.
Programme InTerLUD+ : méthodologie d’accompagnement des collectivités
Le programme InTerLUD+ (Innovations Territoriales et Logistique Urbaine Durable) est porté par le Cerema, Rozo, Logistic Low Carbon, en partenariat avec l’ADEME et les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Il vise à diminuer l’impact de la logistique urbaine sur l’environnement en accompagnant les EPCI dans une démarche structurée :
- Diagnostic territorial : Analyse des flux de marchandises, identification des points noirs, quantification des impacts environnementaux et économiques
- Concertation multi-acteurs : Réunion des collectivités, transporteurs, chargeurs, commerçants, chambres consulaires (CCI, CMA, CA), riverains
- Engagement formalisé : Signature d’une charte multipartite avec plan d’action chiffré et indicateurs de suivi
- Accompagnement opérationnel : Formation des techniciens, mobilisation du tissu économique local, mise en réseau des acteurs
Le cadre méthodologique comprend un test d’autoévaluation, des fiches actions thématiques et des ressources en ligne accessibles sur le site du programme.
eXtrême Défi Logistique : Innovation et Expérimentation
Lancé par l’ADEME en 2024, l’eXtrême Défi Logistique vise à déployer des solutions durables pour le dernier kilomètre via un programme d’innovation collaborative. L’appel à projets Idéation a sélectionné 14 lauréats parmi 21 candidatures, pour un financement total de 323 000 €.
Trois types de solutions sont soutenus :
- Centres Mutualisés de Distribution Urbaine (CMDU) : Regroupement des flux de plusieurs transporteurs en entrée de ville pour mutualiser les tournées du dernier kilomètre
- Micro-hubs : Petits entrepôts en cœur de ville, parfois dans l’espace public, facilitant les tournées en cyclologistique ou modes décarbonés
- Circuits Courts Alimentaires de Proximité (CCAP) : Logistique locale mutualisée et optimisée pour les producteurs et distributeurs
L’objectif affiché est d’obtenir une logistique du dernier kilomètre « 2 fois plus durable et optimisée », en explorant le concept d’Autorité Organisatrice de la Logistique (AOL).
Chartes de Logistique Urbaine Durable : Cadre National
Déployées depuis 2015, les chartes de logistique durable constituent des engagements volontaires entre collectivités et acteurs économiques. Le cadre national, élaboré par l’ADEME et le Ministère des Transports, a été expérimenté sur 6 territoires pilotes (2016-2018) avant généralisation.
Objectifs des chartes :
- Réduire les impacts environnementaux (émissions, bruit, congestion)
- Apaiser les centres-villes (conflits d’usage, sécurité routière)
- Améliorer l’efficacité du transport de marchandises
- Renforcer l’attractivité économique du territoire
Digitalisation et Optimisation des flux
Les TMS (Transport Management System) permettent de réduire les kilomètres parcourus de 10 à 20 %. Le règlement européen eFTI 2020/1056 impose la numérisation des documents transport d’ici 2025, avec un bénéfice estimé à 25 milliards d’euros pour les opérateurs.
Systèmes de Gestion des Transports (TMS)
Les TMS (Transport Management System) calculent en temps réel les itinéraires optimaux selon le trafic, les contraintes de livraison et le volume. Les gains documentés incluent :
- Réduction des kilomètres parcourus : 10 à 20 % selon les configurations
- Amélioration du taux de remplissage : Passage de 40 % à 70-80 % via consolidation
- Diminution des émissions CO₂ : Corrélée à la réduction kilométrique
- Optimisation des créneaux de livraison : Réduction des échecs de livraison
Gestion dynamique des aires de livraison
Plusieurs outils numériques ont été déployés pour fluidifier les opérations de livraison :
- Application « Aire de livraison » : Réservation en temps réel des places, réduction des stationnements en double file
- TransEco ZFE-m : Information des transporteurs sur les réglementations locales, garantie de conformité
- Projet BAC IDF : Collecte et diffusion des réglementations communales franciliennes aux acteurs économiques
Numérisation des Documents : Règlement eFTI
Le règlement européen eFTI 2020/1056 (electronic Freight Transport Information) impose aux États membres d’accepter les informations de transport sous forme numérique lors des contrôles. Tous les modes de transport sont concernés (sauf maritime). Les bénéfices estimés sur la période 2018-2040 :
- Coût pour les opérateurs : 4,4 milliards d’euros
- Coût pour les États membres : 270 millions d’euros
- Bénéfice pour les opérateurs : 25 milliards d’euros (réduction des procédures administratives)
Défis et Freins à l’Adoption : Analyse des Points de Blocage
Trois freins majeurs : le coût d’investissement (VUL électrique 2 à 3× plus cher), la rareté du foncier logistique (1 % des surfaces régionales à Paris pour 60 % des flux), et l’acceptabilité sociale (riverains, consommateurs).
Impact sur les TPE et Artisans
Les très petites entreprises et artisans constituent les grands oubliés des politiques de transition. Les contraintes identifiées :
- Coût d’investissement : Le passage à l’électrique représente un effort financier colossal (VUL électrique : 35 000-50 000 € vs 20 000-25 000 € thermique)
- Contraintes opérationnelles : Impossibilité de passer systématiquement par un hub de consolidation pour récupérer matériel ou outillage
- Manque d’information : Difficulté à suivre les réglementations ZFE et à connaître les aides disponibles
- Risque d’exclusion : Sans accompagnement spécifique, la transition se fera à deux vitesses
Tension foncière et planification urbaine
La création de hubs et ELP exige des surfaces en zone dense où la concurrence avec le logement est maximale. Solutions préconisées :
- Intégration aux PLU(i) : Sanctuarisation de surfaces dédiées à la logistique
- Mixité des usages : Construction en hauteur ou en sous-sol (exemple : L’Atelier Logistique)
- Reconversion de friches : Emprises ferroviaires, parkings désaffectés
- Ratios fonciers obligatoires : Expérimentation de ratios logistiques dans les projets immobiliers
Acceptabilité Sociale
La réussite de la logistique urbaine durable dépend d’un changement de mentalité collectif :
- Riverains : Opposition aux nuisances (bruit, trafic) générées par les hubs de proximité
- Consommateurs : Acceptation de délais plus longs ou de retrait en point relais vs livraison à domicile
- Débat démocratique : L’eXtrême Défi Logistique associe citoyens et clients professionnels aux choix (livraison lente vs rapide, domicile vs point relais)
FAQ – Questions Fréquentes sur la Logistique Urbaine Durable
Qu’est-ce que la logistique urbaine durable ?
La logistique urbaine durable désigne l’ensemble des opérations visant à organiser, planifier et gérer la circulation des marchandises en zones urbaines en minimisant les impacts environnementaux (émissions CO₂, particules fines, bruit), économiques (coûts du dernier kilomètre) et sociaux (qualité de vie, congestion).
Selon la définition du Cerema, c’est « l’art d’acheminer dans les meilleures conditions les flux de marchandises qui entrent, sortent et circulent dans la ville ». Elle représente actuellement 25 % des émissions de GES urbaines et 30 % de l’occupation de la voirie.
Qu’est-ce que le programme InTerLUD+ et comment y participer ?
InTerLUD+ (Innovations Territoriales et Logistique Urbaine Durable) est un programme national piloté par le Cerema, l’ADEME, Logistic Low Carbon et Rozo, financé par les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).
Il accompagne les EPCI dans l’élaboration de chartes de logistique urbaine durable via 3 étapes : diagnostic des flux, concertation multi-acteurs, engagement formalisé. Les collectivités candidates peuvent répondre aux appels à manifestation d’intérêt réguliers et bénéficient d’un accompagnement technique gratuit, de formations et d’outils méthodologiques.
Quels sont les chiffres clés de la cyclologistique en France ?
Selon l’Observatoire des cyclomobilités professionnelles 2024 (Les Boîtes à Vélo – France) :
- 3 400 vélos-cargos en exploitation dont 84 % dédiés à la cyclologistique pure
- 1 450 unités en Île-de-France (76 % à Paris intramuros)
- 24 km parcourus/jour/vélo en moyenne
- 117 kg de marchandises transportées/jour
- 2 400 emplois directs (ETP)
- Émissions GES 15 fois inférieures au VUL thermique
- 83 % des entreprises prévoient une croissance de leur CA en 2025
Le Shift Project projette 110 000 emplois créés d’ici 2050.
Qu’est-ce qu’un micro-hub logistique urbain ?
Un micro-hub (ou Espace Logistique de Proximité – ELP) est une micro-plateforme logistique implantée en cœur de ville servant de point de rupture de charge : les gros camions y livrent en masse, puis les livraisons finales sont effectuées par des véhicules légers et décarbonés (vélos-cargos, VUL électriques).
Projets majeurs en France :
- L’Atelier Logistique aux Champs-Élysées (16 000 m², 9 niveaux souterrains, été 2026)
- SEGRO Gobelins Paris 13e (75 000 m², 2025)
- CONNECT Paris Clichy-Batignolles (67 000 m², Prologis)
- Hub Chronopost 100 % vélo Strasbourg (800 m²)
Quelles sont les obligations européennes de décarbonation du transport routier ?
Le Règlement (UE) 2024/1610 fixe des objectifs de réduction des émissions CO₂ pour les poids lourds neufs par rapport à 2019 :
- -45 % en 2030
- -65 % en 2035
- -90 % en 2040
La directive CSRD impose depuis 2025 un reporting obligatoire des émissions scope 3 (transport chaîne logistique) aux entreprises de plus de 250 salariés. Le règlement eFTI 2020/1056 impose la numérisation des documents de transport (bénéfice estimé : 25 milliards €). L’extension du marché carbone ETS2 au transport routier est prévue pour 2027-2028.
Quelles aides financières existent pour verdir une flotte de livraison ?
Plusieurs dispositifs coexistent :
- Métropole Roule Propre (Grand Paris) : jusqu’à 13 700 € pour un véhicule propre neuf, 5 000 € pour l’occasion
- Coup de pouce véhicules électriques (ex-bonus écologique) : plafonné à 5 700 € (ménages précaires), 4 700 € (modestes), 3 500 € (autres)
- Programmes CEE : Ma Cyclo-entreprise, V-Logistique (12 M€ dédiés à la cyclomobilité professionnelle)
- eXtrême Défi Logistique ADEME : 323 000 € pour 14 lauréats 2025
La TVA n’est pas encore déductible pour l’achat de vélos professionnels mais des discussions sont en cours.
Comment la mutualisation des flux réduit-elle les émissions ?
La mutualisation consiste à regrouper les colis de multiples expéditeurs vers une même zone géographique dans des Centres Mutualisés de Distribution Urbaine (CMDU). Résultats documentés :
- Augmentation du taux de remplissage des véhicules (de 40 % à 70-80 %)
- Réduction du nombre de véhicules en circulation
- Optimisation des tournées via TMS (Transport Management System)
Le projet E.VO.L.U.E (Institut du Commerce, Club Déméter, France Supply Chain) pilote ces expérimentations. L’ADEME vise un objectif de logistique du dernier kilomètre « 2 fois plus durable et optimisée ».
Quels sont les impacts de la logistique urbaine sur la santé publique ?
L’étude ORS/Airparif (2022) attribue 7 900 décès prématurés par an en Île-de-France à la pollution de l’air, dont une part significative liée au transport de marchandises. La logistique urbaine est responsable de :
- 43 % des émissions de NOx (oxydes d’azote, 85 % émis par les moteurs diesel)
- 20 % des PM10 et 17 % des PM2.5 dans la Métropole du Grand Paris
La pollution atmosphérique favorise les pathologies cardiovasculaires, respiratoires et les cancers. Ces données justifient le déploiement des ZFE-m comme mesure de santé publique.
Comment élaborer une charte de logistique urbaine durable ?
Le cadre national élaboré par l’ADEME et le Ministère des Transports repose sur 3 phases :
- Diagnostic territorial : Analyse des flux, identification des points noirs, quantification des impacts
- Concertation multi-acteurs : Collectivités, transporteurs, chargeurs, commerçants, chambres consulaires, riverains
- Engagement formalisé : Charte multipartite avec plan d’action et indicateurs de suivi
Les objectifs visent à réduire les impacts environnementaux, apaiser les centres-villes, améliorer l’efficacité du transport et renforcer l’attractivité territoriale. Le programme InTerLUD+ offre un accompagnement méthodologique complet et gratuit.
Sources et Références Institutionnelles
- ADEME – eXtrême Défi Logistique, 2024-2025
- Cerema – Programme InTerLUD+
- Ministère de la Transition Écologique – Feuille de route logistique 2025-2026
- DGE/DGITM – Stratégie nationale logistique
- Airparif / ORS Île-de-France – Étude qualité de l’air, 2022
- Métropole du Grand Paris – Pacte logistique métropolitain
- Les Boîtes à Vélo – France – Observatoire cyclomobilités 2024
- APUR – Espaces logistiques urbains à Paris
- Conseil de l’Union Européenne – Paquet “Écologisation du transport de marchandises”
- Parlement Européen – Règlement (UE) 2024/1610
- France Supply Chain / Club Déméter – Projet E.VO.L.U.E
- Shift Project – L’emploi, moteur de la transformation bas carbone, 2021
- mieuxrespirerenville.gouv.fr – Cartographie ZFE-m
- jechangemavoiture.gouv.fr – Aides véhicules propres




